Bazooka “Zero hits” (18 janvier 2019, Inner Ear Records)

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Grec, hébergé par l’excellent label Inner Ear Records, Bazooka en est si je ne m’abuse, avec ce Zero hits pétaradant et bourré…de hits, à son troisième album. D’entrée de jeu, il y joue un rock vitaminé, que ΕΛΑ (COME) fait rugir en mode Stooges. Avec l’exotisme de la langue Grecque, alliée à l’énergie de John Vulgaris et des siens, avec, aussi , ces élans 60’s délicieux, on tient déjà un titre fort. La tension demeure sur ΚΕΝΟ (VOID), rock’n’roll bluesy et compact de la plus belle étoffe rugueuse qui puisse être. Bazooka, de plus, n’oublie pas les mélodies, qui donnent encore plus de “brillance” à son ouvrage.

Plus loin, c’est un saxophone qui nous met en joie (ΚΕΝΟ (VOID)), avec des effluves funky qui l’accompagnent. Le tout dopé à la vigueur Bazooka, évidemment. On est dans l’excellence, l’allant viril de ΜΟΝΟΣ (ALONE) le confirme aisément. On joue rock, on y met du choeur et du coeur. Tiens, c’est presque au ska qu’on touche le temps de l’intro de ΟΙ ΒΛΑΚΕΣ ΚΑΝΟΥΝΕ ΠΑΡΕΛΑΣΗ (IDIOTS ARE GOING ON PARADE), taillé lui aussi dans un rock enfiévré. La pochette, de plus, est belle comme un Ultravox. ΕΧΩ ΚΟΥΡΑΣΤΕΙ (I’M TIRED) présente un bel orgue, ce qui donne de l’ampleur à l’opus sans en apaiser l’intensité. Il n’y a pour l’heure aucun temps mort dans ce Zero hits.

On ne peut donc qu’apprécier, si on est issu d’une caste rock, délibérément et ouvertement rock, le contenu. Dynamique, doté d’un groove emballant, il culmine haut. ΚΑΤΙ ΕΧΩ ΠΡΟΔΩΣΕΙ (SOMETHING I HAVE BETRAYED) fait briller les chants, tempère sans faiblir. ΒΡΑΔΥΝΗ ΒΑΡΔΙΑ (NIGHT SHIFT) est up-tempo, s’habille de choeurs bienvenus. On notera la musicalité débridée de l’effort. La basse fait onduler ΒΡΑΔΥΝΗ ΒΑΡΔΙΑ (NIGHT SHIFT) et la coloration rétro des plages, remise au goût du jour, fait effet. En quatorze morceaux de choix, Bazooka mitraille juste. Il est polisson, et ça lui donne une crédibilité certaine dans ce qu’il entreprend.

Il fuzze, s’égare sans nous égarer. Il crache un rage élégante. ΤΟ ΧΡΩΜΑ ΤΟΥ ΤΡΕΛΟΥ (THE COLOUR OF A CRAZY MAN) part vite, se pose, puis reprend l’option alerte. On est à nouveau dans du “daté d’aujourd’hui” sur ΑΔΙΑΦΟΡΕΣ ΜΑΤΙΕΣ (INDIFFERENT GLANCES), 70’s, progressif. On joue rock, c’est audible, mais dans l’ouverture. La coolitude de ΜΗΝ ΚΟΙΤΑΣ ΠΙΣΩ (DON’T LOOK BACK), plus “folky”, amène un plus. Et passé un ΣΟΥΛΤΑΝΑ (SOULTANA) cadencé et bien balancé, tapageur, racé, ΤΑ ΣΠΑΩ ΟΛΑ (I BREAK EVERYTHING) met le dernier coup de pinceau à un tableau turbulent, comme l’est cet ultime morceau tout en se montrant dansant, presque tribal même par moments. Excellent de bout en bout.

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