Pylone “Silence” (2018, Kerviniou Rdz/Gabu Rds/Bruisson/ATRDR/Rejuvenation)

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Pylone est toulousain de base, cité regorgeant de groupes fiables. C’est déjà bon signe. Il trouve sa place dans la catégorie des “coprods”, souvent brillantes, incluant plusieurs structures. Avec son “Silence” qui fait pourtant du bruit, il rappelle, bon signe supplémentaire, le Virago d’ Olivier Depardon.

En effet, le quatuor parvient ici à mêler verbe expressif et musique viscérale, aux accélérations qui feront hocher le chef avec intensité (Teruel). Le début est donc de taille, le fracas noise sur l’amorce de Step over, racé, viendra enfoncer le clou d’un groupe dont le recours au chant dans notre langue affirme la patte. Riffs tranchants et rythme au ralenti, leste, ne font que consolider plus encore son procédé (Masses). Intensité et moments tempérés se font suite, bien associés.

Les bordelais de Sleeppers ne sont pas éloignés (Alien); c’est d’ailleurs de l’Anglais que Pylone fait usage pour l’occasion. Clumsy prend l’option plus vivace, plus rythmé. La basse le fait pulser, il s’agit là d’un autre morceau, parmi beaucoup d’autres, abouti. A bon entendeur trouvera un écho positif à son intitulé, il est lui aussi plus alerte.

La variation entre tempos lourds et essais plus enlevés est ajustée, parfois elle allie même les deux versants sur un seul et même morceau. Drop joue sur des guitares massives et insistantes, s’amorce furieusement pour dans la foulée imposer un chant féminin, celui de Nadège, un peu à la Karine Auzier de Drive Blind dans ses moments posés. On ne trouvera que du bon sur l’album de gens ayant auparavant, et ça s’entend, roulé leur bosse ailleurs. Et qui, sous la bannière Pylone, se révèlent et pratiquent un noise-rock déviant et attrayant.

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