Saint Sadrill “Pierrefilant” (2018, Dur et Doux).

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Projet mené par Antoine Mermet (Chromb!), Saint Sadrill est le terrain d’expérimentation pop de ce dernier. Après un EP enregistré seul, en 2016, il donne vie à l’objet avec un groupe qui, ici, l’épaule dans la conception de ce Pierrefilant passionnant et immersif.

Sorti chez Dur et Doux, label lyonnais “différent”, celui-ci fait valoir ses…différences, ses contrastes bienvenus et ses voix doucereuses, pour envelopper l’auditeur dans un halo de “bruit fin”. D’emblée une longue plage, Waiting for him, déploie une finesse qui va monter en intensité jusqu’à atteindre l’orage sonore. Synthés, vibraphone et percussions sont de la fête, tristounette, et contribuent à l’émotion palpable qui se dégage de l’œuvre. Corq en fait état dans une sérénité animée, le rendu est musical à souhait. Grinçant aussi, grâce à des sonorités acidulées hautement réjouissantes. To go to go to go suit la même voie, la même voix aussi, sur un format rock retenu qui fait mouche. Il y a derrière la chatoyance du tout un penchant troublé, ombragé (Zero), qui souille la pop “de chambre” de Saint Sadrill.

Mermet trouve des sons bien bons (Yar mum), fabrique des ambiances grises dont on se grise. Il peaufine, avec ses acolytes, un rendu aux coups de sang puissants (We gave you a smile). Son électricité erre, se pare de lumière (Building lampshades). A la base pop, son territoire chemine et s’étend sans formats réducteurs. Il y a de la vie, du ressenti dans ses morceaux imprévisibles, comme l’est Kiss song et ses montées griffues. Pierrefilant est un opus de premier choix, Little mountain instaure une atmosphère répétitive puis pour conclure, c’est un Happy humans aux chants entremêlés qui se fait entendre. Il s’amorce doucement puis se fait bien plus noir, sombre, selon une trame expérimentale aux sons encanaillés. Excellent de bout en bout.

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