Jesus Christ Fashion Barbe – Facets

0
1035
Découverte live en 2013 à Eu, pour le compte du Murmure du Son, chronique d’un très bon EP en 2014, le groupe s’étant vu signé par l’excellent Platinum Rds; les caennais de Jesus Christ Fashion Barbe retiennent l’attention et nous font “enfin” le plaisir d’un réel long format, éclairé par leur “lo folk’n’roll” enchanteur, avec Facets.
En forçant -à peine- le trait, on pourrait presque prétendre que le quatuor invente, avec son savant mélange entre folk donc, pop et rock indé au bel allant (Wolves) et à la prestance vocale indéniable (The sound laughs at me, ouverture douce-amère du plus bel effet), un genre hybride. C’est en tout cas le sien, de plus en plus maîtrisé, de plus en plus reconnaissable. On en dénude, ici, treize jolies représentations qui privilégient la mélodie mais en la passant au filtre d’un brasssage indé ajusté. Ca peut être céleste et finaud, céleste et mordant, rock et subtil, rock et acéré, pop ou folk voire les deux associés; le rendu est de toute évidence de choix, dans la continuité des efforts précédents mais avec une mainmise plus affirmée encore. on prend même des atours “cold lumineux” (Boats love boats). 
Jesus Christ Fashion Barbe a donc son approche, affinée, personnelle. L’ornement est retenu, concocté avec modération et, surtout, une vraie science du dosage et de l’atmosphère (Daily love). Ici ça groove et ça chaloupe avec entrain (Cloud sweeper), ailleurs ça se fait plus froid (l’amorce de Sonic) et on recourt, constamment, à des sons qui entêtent. La vivacité d’un morceau peut laisser place à une trame plus saccadée (Underking cups et un peu plus loin Wheelchairs search him, tous deux remarquables), le groupe renouant ensuite avec un tempo clair-obscur et débridé sur Pungent; jamais le rendu n’en pâtit, excellent de bout en bout. L’opus est en plus fourni -treize titres en tout-, enlevé, climatique, aérien, tout ça à la fois parfois. Ces treize essais ne faiblissent à aucun moment, pas même sur la fin de Facets, entre Swim of burials qui décolle bien haut et le terminal Same qui livre un canevas lo-fi dépouillé. Avec, entre les deux, Inside is a passer by, alerte, excellentissime, en énième pavé posé sur un édifice solide et abouti.