Part-time friends – Fingers crossed

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Part-time friends est avant toute chose une histoire d’amitié: celle, entière et par conséquent chaotique, qui unit Pauline et Florent.
De concert et depuis leur rencontre sur les bancs d’une école aixoise, ces deux-là délivrent une pop-folk qui peut par instants rappeler les grenoblois de Rhesus, auteurs eux aussi, à l’aube des 2000’s, d’un bel album où la pop domine. Sur ce Fingers crossed, c’est le cas et le canevas pop du duo, appuyé par quelques autres intervenants, se teinte d’une belle mélancolie, faisant mouche tout autant lorsque le verbe est à la fois hexagonal et anglicisant (le doucereux et entraînant Here we are). Les mélodies sont parfaites, lustrées, revêtent des atours qui d’emblée accrochent, greffés à des cadences guillerettes (l’inaugural All the roads). Home s’appuie sur des synthés simples, c’est par ailleurs le mot d’ordre chez la paire: simplicité, efficience, justesse dans l’ornement. Un halo de douceur, jamais lassant, enrobe l’album, beau jusque dans ses moments d’apaisement total (Johnny Johnny), fin jusqu’à l’exaltation (Summertime burns, The stain).
Les chansons qu’on y trouve ont ce parfum d’intemporalité, ce côté tubesque, immédiat; tout juste y manque-t-il un tantinet d’allant rock. Il n’empêche, on s’enthousiasme à l’écoute d’un Movies, on se réjouit de la présence de Granville sur La mer et l’alaska, superbe, alerte aussi.  Les voix sont touchantes, se répondent joliment (Keep on walking). La fin d’album ne dépare pas, elle réserve même deux autres pépites vivifiantes; This city, au piquant pop-rock et aux “Ouh-aouh” décisifs, puis ce Art counter plus pop-folk, rêveur, au bout d’une collection de morceaux qui, tous, dépassent largement la moyenne.