Punk-rock sucré avec Sugar & Tiger à Abbeville

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A l’espace culturel Saint André, dans cette bonne ville d’Abbeville, on vit de bons moments culturels et par conséquent musicaux, en un lieu de plus en plus attractif.
Nul étonnement, donc, à s’éclater au son des deux formations invitées ce samedi: Diabolo Watts pour ouvrir, en mode punk-rock délirant mais aussi, on s’en réjouira, direct et percutant. Puis le Sugar & Tiger familial de Didier Wampas, à l’énergie que le chant de Florence, sa compagne, “sucre” joliment. Face à une salle bien garnie, où traînent quelques membres du Murmure du Son et aficionados du bonhomme, qui se retrouveront d’ailleurs sur scène plus tard, Alexandre Cavé et ses acolytes jouent en rangs serrés leur punk-rock qui, s’il manque de profondeur dans les thématiques abordées (le “tout-fun”, c’et à la longue lassant), dévoile de bons morceaux et dégage une énergie rock’n’roll ébouriffante. En aguerri des planches, dans une présence scénique qu’on saluera, Diabolo Watts fait péter les watts, servant un set cohérent et conviant la foule à venir pogoter à ses côtés en fin de concert. Dans la mouvance qui est la sienne, le groupe tient largement son rang, vit son ,live avec fougue et signe en l’occurrence une ouverture digne de ce qui va suivre. Et ce quand bien même on sait d’avance, avec ce trublion de Didier Wampas, ce qui va se passer.
Car le bougre, si son show devient désormais prévisible, envoie du lourd dans l’attitude comme dans le son, en symbiose avec Florence et parfaitement épaulé par ses fistons à la guitare et à la batterie, ainsi que Jean-Mi Wampas à la basse. Sugar & Tiger, c’est tout à fait ça: le tigre et son contrepoint sucré, mélodie et énergie, des morceaux qui font mouche et ont l’intelligence de ne jamais se faire trop directs ni uniformes. Thixotropic, le petit dernier, est mis à l’honneur et permet un concert qu’on garde en tête avec toutefois une très légère impression de déjà vu. Mais qu’importe, avec ce combo il s’en passe et l’ennui n’est jamais de mise. La salle adhère, la plupart des spectateurs quittent leur siège et prennent largement part à une party punk-rock que l’expérience du bonhomme, la pertinence de son groupe et sa formule déjà rodée consolide incontestablement. Avec, au bout du compte, une danse collective endiablée sur la scène de Saint André et un nouveau temps fort vécu dans les lieux et dans la ville, dans l’attente des Nuits du Blues et après le Winter Groove.
Photos William Dumont.