DeWolff – Roux-ga-roux

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Formé en 2007 autour des frères Van de Poel, associés à Robin Piso, DeWolff, hollandais, tourne presque au régime d’un album par an, selon des influences renouvelées mais devant avant tout à l’époque 70’s.
Sur Rou-ga-roux, nouvel album incluant onze titres, psychédélisme, rock sudiste et hard d’époque se tirent la bourre, accouchant d’un ensemble solide et sulfureux, aux grattes torturées (What’s the measure of a man?). En tête de gondole, l’éponyme Rou-ga-roux balourde un blues psyché des plus fréquentables avant, inexplicablement, de prendre fin pour laisser place à Black cat woman, essai blues “orguisé” qui fleure lui aussi bon les 70’s. Le groupe ne s’en cache pas, il est en phase directe avec les courants de l’ère, qu’il mêle avec maestria, non sans finesse d’ailleurs dans son impact. Sugar moon groove sous l’effet d’une instrumentation subtile; ça joue bien, avec passion et investissement. Baby’s got a temper déboule alors, épais et colérique ouvrage aux choeurs qui l’allègent. On approuve, Easy money, plus loin, traçant sa route selon les mêmes principes: blues, psychédélisme, un peu de soul dans les voix et des élans bourrus bien exécutés, du style aussi. 
Ca fonctionne bien et Lucid apporte une touche soul-blues enivrante, pervertie, précédant Stick it to the man, plus directement rythmé et tout aussi musical avec, entre autres, ses claviers finauds à l’enrobage d’importance. Des riffs d’obédience blues/rock servent eux aussi l’intérêt du titre, puis on passe avec Tired of loving you à un calme plus prononcé, en belle chanson aérienne sertie de petits encarts blues. DeWolff maîtrise ce qu’il fait, Love dimension, tout aussi fin, assurant à son tour dans un bel unisson, c’est constant chez les bataves, entre les trois membres impliqués. Avant qu’un massif Toux-da-loux, aux voix soul mais aussi encanaillées, ne se charge de conclure, de façon saccadée…et concluante, batterie assénée à l’appui, un disque de grande qualité.