Bears of Legend – Ghostwritten chronicles

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Groupe canadien, Bears of Legend fait craindre le pire lorsqu’on apprend qu’il évolue dans la mouvance folk (le genre est parfois d’un tel ennui…), et qu’on le compare entre autres aux Cowboy Fringants. Pas seulement cependant puisque dans la bio, Arcade Fire et Mumford & Sons sont également mentionnés.
Heureusement, ce Ghostwritten chronicles, deuxième album inspiré par la vie imaginaire d’un équipage, entre 1400 et 1700, révèle assez d’intensité pour convaincre, partiellement tout au moins. Et le folk audible ici se pare régulièrement d’éléments disparates qui en gomment le côté lassant.
Ainsi, les voix alliées de When I saved you from the sea, les airs de valse de Be mine, all mine, en début d’album, sont de nature à étayer celui-ci de belle manière, de même que le rythme emballé de The Arkansas river. Un panel d’instruments étendus (banjo, violoncelle, xylophone, ukulele…) décore le tout qui dégage une patine folklorique parfois accrocheuse (We’re dead) en dépit de l’émotion un peu trop emphatique, à mon sens, qui se fait ressentir. Si on trouve là un savoir-faire affirmé dans la composition, dans l’écriture aussi, l’ouvrage en présence manque de “fièvre”, trop souvent émotionnel. Il s’en extirpe, brièvement, quand Bears of Legend s’encanaille, sous-tend, encore trop gentiment, son arrière-plan (Challenge me). Et c’est pour retomber, l’instant suivant, dans une trame folk prévisible, bien ornée certes mais attendue. You crée la surprise en s’enhardissant, brisant la dynamique trop posée qui prévalait jusqu’alors. Beside me, dans la foulée, se montrant lui aussi plus vigoureux tout en gardant le beau décor concocté par les musiciens de trois-Rivères.
En injectant de l’énergie, ceux-ci trouvent une belle posture, animent leurs trames et n’en donnent que plus de valeur à leurs essais calmes, ici par trop réitérés bien qu’avenants (Hell no). Musicalement, en termes de “décor” sonore, Bears of Legend est à son affaire, possède même de par son registre folklorique un charme rétro à prendre en compte. Il termine cependant trop posément (She breaks me down, We rise), malgré de belles et polies montées en intensité, un opus élégant, mais trop. Et qu’on aurait aimé entendre plus fougueux, moins propret malgré ses incontestables bons moments.