Grunge et rock sauvage avec Dilly Dally

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En cette froide soirée de janvier, peu furent les audacieux venus assister à une affiche attirante puisque mêlant rock sauvage, indé à la Jay Retard parfois, avec Régal, et grunge sucré, rageur et offensif surtout, avec Dilly Dally, quatuor canadien mi-féminin mi-masculin.
Ce sont donc les “multi-originaires” de Régal qui ont, les premiers, servis leur chaude tambouille affinée par des morceaux à la Pixies option mélodique comme Big smoke. On pense aussi à Fugazi pour l’allant débridé, les gars prennent plaisir à jouer en dépit de la faible assistance présente. Ca riffe dru, ça joue simple et efficace, on tutoie le niveau élevé des formations précitées. C’est une nouvelle trouvaille à retenir que l’on fait donc avec ce groupe qui souvent trace, parfois pose le jeu, brièvement, et se permet de brèves incursions country. La plupart du temps, on y privilégie les tempo échevelés, un penchant direct bien tenu qui fait mouche. Largement estimable et nullement un étonnement d’apprendre que les mecs ont récemment été signés chez Born Bad, réel gage de valeur et d’authenticité.
On change alors le plateau, ça va vite et tant mieux car Dilly Dally, de Toronto, va réjouir une foule un peu plus compacte, cette fois, avec sa rude féminité, sucrée-écorchée (Purple rage) incarnée par Katie Monks (voix-guitare). Dans le groupe, les 2 gars tiennent la rythmique, les deux filles balourdent des accords bourrus, installent des pauses sous-tendues et ça fonctionne impeccablement. Qu’on fonce ou qu’on opte pour un déploiement leste (Desire, Gender role), le but est atteint et on remarque que tous les morceaux joués sont de haute volée. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas, il s’embarque dans un pogo qui démontre son enthousiasme et l’alliage mélodie-coups de bélier délibérément grunge de Dilly Dally est au sommet. Le set est court; ce n’est rien, il n’en est que plus marquant encore. De quoi ressortir nos albums de Hole ou Nirvana, au retour, et quitter la Lune avec en tête les mélopées distordues du “soft grunge” de la formation canadienne.