Lucinda Williams – The ghosts of Highway 20

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A peine un an après le très bon “Down where the spirit meets the bone“, Lucinda Williams fait son retour avec quatorze titres et un nouvel album, The ghosts of highway 20. Celui-ci est un clin d’oeil à l’Interstate 20, longue de 2470 km et qui traverse plusieurs états. On y retrouve bien évidemment la classe de cette chanteuse à la voix rocailleuse, racée aussi, sur un panel musical aussi bien blues que folk ou jazzy.
Sur 2 volets, Lucinda Williams retient l’auditeur en lui offrant une délicatesse stylée (I know all about it), mise en musique avec soin et selon des trames parfois sous-tendues. A d’autres endroits, le répertoire est folk, de façon stricte (Place in my heart) et souvent, on s’inscrit dans une veine distinguée (Dust en ouverture), qui s’enhardit -trop peu- à l’occasion. C’est en tout cas la tendance de la première rondelle, prudente bien qu’étant de qualité. Le blues de Doors of heaven en est la preuve, doux-amer mais sans réellement “mordre”. Louisiana story lui succédant dans un calme qui pourrait, s’il se réitérait sur le cd à venir, lasser.
The ghosts of Highway 20 va en ce sens, bien ficelé mais excessivement posé. On sent poindre l’orage mais il ne survient pas, l’album porte une certaine élégance mais il est timoré. Bitter memory apporte un bel allant folk, Factory est lui aussi très présentable, exécuté avec panache et simplicité. Mais on attend l’étincelle, une sagesse plus sauvage. Close the door on love en est loin, il est pourtant joliment bluesy-folk. If my love could kill fait illusion avec sa batterie aérienne, mais ne décolle pas plus. On devra donc se contenter de belles réalisations, fiables dans les genres pratiqués. D’autant que If there’s a heaven, du même tonneau, et le terminal Faith & grace trouvent eux aussi leur rang dans l’option qui prédomine ici. Appréciable mais dommage car l’Américaine possède la voix, de même que l’équipe de musiciens voulue pour, de temps à autre, se faire plus volcanique, plus hardie.