Coolitude reggae-tropical pop avec Hollie Cook à la Lune des Pirates.

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“Complet madame!” réponds-je à une dame en quête de places, avant d’indiquer “22h” à une jeune fille me demandant l’horaire de scène de Hollie Cook. Il est 20h10, les portes ouvrent dans 20 minutes, j’entre dans l’antre lunaire. Le privilège du “scribe”…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la venue de la londonienne, fille du cogneur des Sex Pistols, a provoqué un bel engouement et en serrant la pogne de Julien AKA Puppa Djoul, je me dis que la soirée, bien qu’exempte d’insoumission rock’n’roll, risque d’être chaude. Tropical pop…reggae dub…
Sur ces entrefaites, le temps d’apprendre qu’un combo amienois fusionnant se reforme, l’assistance se tasse pour assister à la jolie prestation de Puppa Djoul, dépositaire de bons morceaux reggae-folk joués seuls et poteurs, eux, d’un propos insoumis. L’amienois y met du sentiment -clin d’oeil à la compagne, aux “potos” et à la famille-, envoie un petit “Yes I” dédié au genre. Il signe ainsi une belle ouverture, joli jeu de gratte folk et voix sincère à l’appui. Emancipé de Jamble All Stars, il impose un constat depuis longtemps établi: la scène locale est fournie, il faut par conséquent lui donner sa chance et l’épauler comme il se doit…
Plateau quasi prêt, l’attente ne fut pas longue avant l’apparition d’une Hollie Cook motivée, qui balance des “Amiens, çeeu va?? Are you happy?” à la pelle et se met à ondoyer au son de morceaux d’une coolitude absolue, zébré de nappes de claviers simples et efficientes, jalonnés par une basse ronde, qui groove, et des petites notes de guitares très reggae. La batterie accompagnant, dans une frappe légère, le tout. Il n’en faut pas plus pour plonger dans le bonheur une foule ce soir assez inédite, conquise. C’est parfois un peu linéaire mais on adhère à l’univers mélodieux de l’Anglaise que quelques embardées plus psyché, plus barrées, complètent avec à-propos. Dommage, tout de même, que la guitare s’en tienne à des lignes prudentes car quand elle “décolle” et épice réellement les compositions jouées, le rendu est excellent.
Il n’empêche, le moment est bon et Hollie Cook dispose de toute façon d’un répertoire rodé, de quelques chansons “hymnes” que les gens reprendront en choeur, et d’une bonne humeur qui fait du bien en ces temps troubles que son set aura, l’espace d’un soir, dépouillés de leur grisaille. Pour la plus grande joie du couple d’hangestois dont je fis en l’occurrence la connaissance et, par extension, de toute une Lune dont l’éclat troue la noire nuit amienoise.
Photos William Dumont.