Teleferik – Lune electric

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Groupe rock parisien empreint de soul et de noise légère, parfois bluesy bourru aussi (Mara), Teleferik sort avec Lune electric son tout premier album. Ceci après, tout de même, 3 EP.
Le chant d’Eliz Mourad, qu’il soit en Anglais, Arabe ou Français, donne du coffre à l’oeuvre, sa basse non moins. Son complice Arno Vincendeau (guitare lead) l’incendie de ses grattes subtiles ou…incendiaires et pour assurer une frappe sure, on convoque Olivier Hurtu, issu de Jesus Volt. On démarre dans une forme de quiétude tendue avec un semi-instrumental nommé Beaumont, dans une belle retenue sous-tendue. Puis Belham fik riffe comme on aime, se pare d’orgues bien sentis, dépayse par l’usage de l’Arabe. Blues et rock y voisinent allègrement, avec style aussi. Puis Natures et créatures renoue avec l’urgence indé 90’s circa 90’s qui en a mis plus d’un en joie à l’époque. L’album est travaillé, soigné mais jamais trop poli bien que pétri d’élégance; c’est de toute évidence une bonne chose. Bombs & rockets fait dans le bluesy raffiné au caractère certain, Les lois de la physique prend lui des contours soul qui ont le mérite de ne jamais ennuyer, rudes qu’ils sont. La guitare d’Arno fait merveille, l’étayage musical est chromé et, dans le même élan, marqué.
On en est alors à mi-chemin d’un bon boulot que vient renforcer Mara, cité plus haut et fort d’accents blues rugueux. Suit Money value, taillé dans la même étoffe, un tantinet funky. On refait dans l’instru bourru avec Milk shake, c’est réussi. Le Français revient, bien écrit, le temps de Mystic machine. L’ambiance y est à la fois déliée et menaçante, on pense à Heliogabale pour le positionnement entre les deux colorations. Il est bon ce Lune electric, Hero y mettra fin en mode blues-rock riffant, torturé, auquel l’organe d’Eliz amène ce surplus de classe.