Psycho Mutants – Baby burn

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Vous prendrez bien une petite rasade de déjante hongroise élégante? Cet hybride entre Johnny Cash, Nick Cave et le Gun Club, instruments plus “folklo” aidant, Psycho Mutants, Hongrois dont c’est là le troisième opus, vous le servent en l’occurrence tambour battant, sur ce Baby Burn qui, s’il a mis le temps pour sortir, impose dix titres de grande classe, dans le sillage du trio introductif No hero/Let me down/Everybody’s young god. Incroyablement racés, teintés autant par des effluves western que par les atours slaves d’un Kusturica, ces trois standards au chant grave, à l’instrumentation cuivrée et énergique tout en demeurant hautement élégante font de suite sensation. On imagine la bande de Zoltan Karnics, le chanteur-guitariste, en clique de malfrats au grand coeur, cintrés dans d’impeccables costards, capables de vous exploser à la face comme de vous pondre un instrumental finaud (Dust to dust), pour ensuite livrer un rock tendu et enfumé lui aussi tiré à quatre épingles (Fm).
Il impressionne, ce Baby burn, son “western voodoo rock’n’roll” révèle une formation déjà indispensable, rétro-moderne sans choix délibéré pour l’un ou pour l’autre. Taking a waltz prend des airs de valse stylée, Babel met une beigne à Calexico dans le registre du cuivré dépaysant (on notera le bel apport desdits cuivres), Tenderly lui administre la seconde avec la même distinction. Il se vit, cet album, on a presque l’impression d’errer dans un cabaret hongrois en compagnie de ces fauteurs de troubles musicaux attachants. Typique et typé, les morceaux restent en tête, la subtilité assombrie d’un Hit me ajoute à l’impact et à l’émotion, non feinte et ici aussi feutrée qu’orageuse, de l’ouvrage.
On peut alors se laisser gagner par Waiting for the sun, longue rengaine conclusive de ce bel album, superbement ornée, entre folk et blues, hantée et possédée. L’affaire est pliée et rondement menée, Psycho Mutants vient de nous convertir et de gagner de nouveaux fans par le biais de son encanaillement endimanché aussi obscur qu’euphorisant en certains endroits.