Prima Donna – Nine lives & forty-fives

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Quatuor de Los Angeles, Prima Donna a tracé sa route auprès de formations connues -et reconnues- comme Eddie & the Hot Rods, Adam Ant, Glen Matlock & the Philistines, The Dictators…et Green Day (moins bien…). Maturé au punk-rock, donc, et au glitter rock, autrement dit le glam, le groupe envoie, sur ce Nine lives & forty-fives, un rock’n’roll qui peut dézinguer (Rubbish) comme exhaler de belles mélodies (Deathless et sa coloration 60’s, un Born yesterday orné par un beau clavier) ou des choeurs convaincants (Pretty little head, franc du collier, en ouverture, qui repart fort après un break bien posé).
Tout ça est bien construit, classique mais de bon niveau et bien étayé, Living in sin rend le mensonge acceptable en le “poppisant” et Prima Donna parcourt un éventail élargi sans se disperser, en restant dans une veine plutôt rock déclinée à plusieurs sauces. Rock and roll is dead riffe avec ardeur, comme pour démentir son intitulé (et y parvient), des soli courts mais de bonne facture se font entendre. On suit, on reste dans l’écoute de ce disque sans faux-pas notoire, qui plait dans ses instants directs (Like hell) comme sur ses essais modérés et dégage un cachet rétro teinté d’un modernisme jamais trop marqué. L’assise entre mélopées qualitatives et force de frappe est là, on attend en vain, comme on le fait avec nombre de sorties et en y parvenant, le moment ou le bât blessera. Il est appréciable d’entendre un rock de composition usuelle frapper aussi juste, se faire bref et acéré (Tattoed love girls) et le combo mené par Kevin Tyler Preston n’a pas besoin d’innover pur s’imposer. Son truc, c’est le rock, sans concessions, sans révolution non plus donc, et il le pratique avec l’assurance des meilleurs. Rip her to shreds exhale à son tour des ritournelles de choix, “punkysées” par le chant, l’utilisation des synthés est juste, dosée, un saxo, celui d’Aaron Minton, épice même la fin du morceau sans dénoter.
Rien à redire donc, au moment où Eat your heart out exécute un rock’n’roll bourru, riffant et saupoudré par ce clavier aussi discret que judicieux. Avec peu de choses, de bonnes idées et le sens de la mesure -et cela suffit largement-, Prima Donna sort un disque de qualité, rock et tranchant mais aussi mélodieux, à écouter fort bien entendu…