Sleaford Mods – Chubbed up. The singles collection.

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Duo de Nottingham, Sleaford Mods fait dans le “punk hop” à la verve évidente, en mode tchatche  hip-hop incessante sur instrumentation urgente ou plus funky, voire les deux. Chubbed up réunit tous les singles sortis en 2013 et 2014 et avec les neuf titres ainsi réunis, frappe fort en “singeant” parfois The Fall (Black Monday, on s’y croirait). Jobseeker attaque fort d’emblée, dans une vigueur punky et on pense aussi, bien entendu, à des Beastie Boys plus profonds dans les thématiques abordées. La qualité est constante, Day court et ses riffs funk prend le relais avec brio. La diction évoque, à nouveau, Mark E.Smith et il semblerait que Jason Williamson use de la même morgue, à la différence près qu’ici on déblatère en mode rap fusion. Jolly fucker réitère une énergie punky qui trace et s’avère lo-fi, minimale, pour à l’arrivée susciter l’enthousiasme.
A mi-chemin, Tweet tweet tweet ne déroge pas à la règle mais instaure un “décor vocal” barré sur ses premiers instants, avant de faire mouche par le biais d’une ligne de passe simple et marquante, et de motifs épars mais eux aussi entêtants. La recette ne s’embarrasse pas de fioritures et fonctionne pleinement, Bambi riffe de façon simpliste et décisive, les ornements d’Andrew Fearn sont entièrement ajustés, en phase avec le discours soutenu de son acolyte. Routine dean urge à son tour, la méthode na varie pas d’un iota, ou presque, mais se montre diablement efficiente. Scenary groove sous les pulsations de la basse et une cadence métronomique, insistante, à vrai dire ça fait déjà quelques instants qu’on a succombé au délire des deux Anglais. Lesquels nous amusent, pour le mot de la fin, en écorchant PIL (Pubic hair ltd), selon une diction cette fois presque reggae mais dans la vivacité. C’est réussi, délectable même, il ne reste alors plus qu’à rejouer une compil’ certes courte mais sans prise à l’ennui, oeuvre de deux trublions doués et déviants.