De l’electro planante et abrasive pour le Picardie Mouv, avec Näo puis Turnsteak, à la Briqueterie…

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Territorialement étendu et d’une belle ouverture, le Picardie Mouv’ utilisait hier les locaux de la Briqueterie amienoise, lieu emblématique s’il en est, avec deux fleurons de la scène electro, pour faire simple, d’ici et d’ailleurs; Näo, trio issu de Besançon, et les régionaux de Turnsteak.
Les Franc-Comtois se chargeant donc d’ouvrir, à l’aide de leurs fameuses nappes qui très vite enveloppent, une soirée décalée, réservée aux initiés et de qualité dans le genre mis en avant. Aussi sonique que haut perché, Näo brasse rock, indus et electronica avec la justesse des grands (dont il est), s’appuie sur une discographie déjà fournie et ne pêche, je fais ici la fine bouche en tant qu’adepte du texte, que par la quasi-absence de chant. Signé par Jarring Effects -c’est dire le niveau atteint-, Näo caresse et cingle de ses attaques de grattes brutes un public restreint mais captivé (Zombie Zombie jouant le même soir à quelques encablures, drôle d’idée…). III, le dernier opus en date, plante ses ambiances, la symbiose entre les trois musiciens est évidente, leur créativité tout autant et la variété des atmosphères et tonalités permet de ne pas sombrer dans la redite. Appréciable, rempli de sons imaginatifs, un bon live qu’un organe vocal, même occasionnel, aurait cependant peut-être renforcé.
Le temps de “dénuder” la scène de la “Briket”, Dams et Fx s’installent et envoient un set un peu plus cohérent, bien qu’encore roboratif, qu’il y a quelques temps. On a parfois du mal à s’y retrouver et pourtant, on se retrouve à opiner du chef devant la mixture des deux compères, à base de rasades dubstep “maison” notamment. Les adeptes se régalent, certains désertent mais l’ouvrage des bidouilleurs ne laisse personne indifférent et la paire boucle la boucle, c’est le cas de le dire, selon un procédé très personnel, étayé par un visuel soigné, oeuvre de Julien Appert que l’on peut considérer comme le troisième larron de la bande. Obscur, “nuptial” dans ses climats parfois, Turnsteak se montre convaincant dans son “territoire” et manie l’électronique avec une maîtrise affirmée. C’est bon quand on adhère, nettement moins ou clairement plus éprouvant quand on n’est pas de la mouvance, mais le contrat est rempli pour ce premier week-end de picardie Mouv’, dans l’attente d’autres événements aux quatre coins de la Picardie…
Photos William Dumont.