Pop et rock, sucré et noisy, les impeccables Blonde Redhead au 106 de Rouen…

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Bardo Pond jeudi dernier, Blonde Redhead hier soir, Wovenhand ce lundi à venir et j’en passe, la prog’ du 106 portuaire rouennais étincèle et le privilège nous était offert, ce mardi donc, d’assister à la prestation de Blonde Redhead, trio basé à New-York et constitué de Kazu Makino au chant, “assistée” des deux frangins Italiens Amedeo Pace (guitare, chant) et son jumeau Simone  (batterie).
Superbe événement donc, que Gloria Kills, duo local au rock écorché aussi sous-tendu qu’ouvertement fougueux, entre Blood Red Shoes, Polly Jean Harvey et Sonic Youth, allait inaugurer avec brio. Son répertoire débraillé et qui tient malgré tout largement la route valant le détour. Aurélie A (chant/guitare) et Samuel A (batterie) passant sans dommages d’instants posés, ou presque, à de brusques et maîtrisées attaques sonores. Bon moment, bref mais dont on n’aura pas décroché, avant l’arrivée de Blonde Redhead.
Lequel, jouant dans une semi-pénombre  qui ne variera guère, honore le petit dernier, Barragan, en en jouant environ la moitié, dont un enchaînement de début –Barragan/Lady M/Falling man-étonnamment attractif sur les planches. Combinée à d’autres essais (dream-pop pour Love or prison, splendide -de l’album Penny Sparkle-, en contraste doucereux/grinçant pour No more honey tiré du même opus que les morceaux d’ouverture, vif et rock, chanté avec autant de superbe dans la voix par Amedeo que lorsque Kazu s’empare du micro, pour Spring and by summer fall issu lui de 23), l’amorce enfantera ensuite un concert de tout premier choix. Simone se fendant de son côté d’une frappe parfaitement ajustée aux climats générés par un groupe décidément attachant au possible. Sauvage, déviant, chatoyant aussi (Melody, absolument renversant), reptilien (Dripping), Blonde Redhead impose sa classe et un répertoire irréprochable à une grande salle “106ienne” entre cris d’extase et yeux clos. Melody of certain three extrait de Melody of certain damaged lemons par exemple, taillé lui dans un rock racé et fougueux, complétant le tableau avec maestria.
Ceci avant un rappel avec dans un premier temps deux morceaux de Barragan: The one I love pour l’option tranquille, Defeatist anthem dans une veine similaire quoique troublée par des incursions plus soniques. Et pour finir, un somptueux 23, merveille dream-pop/rock aussi rêveuse que brute et alerte. En conclusion enchanteresse d’un concert qui le fut tout autant, frustrant certes par sa brève durée mais féérique de par un contenu de qualité supérieure, auquel on aurait volontiers adjoint quelques titres “dream-rock” supplémentaires.

Photos William Dumont