Sonique et lancinant, Bardo Pond au 106 de Rouen…

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Pour sa soirée de reprise, le 106 de Rouen a pris l’initiative, louable, d’organiser un quizz avec, à la clé, consos houblonnées et places de concerts à gagner. Quizz âprement disputé par des équipes compétentes et jalonné, aussi, par quelques “farces” musicales concoctées par un animateur taillé pour l’événement. Quizz, aussi, auquel je me serais tout bonnement “planté” en tant que participant, me gardant bien d’aller m’asseoir sur les chaises faisant face à l’intervenant.
Mais là n’est pas le propos et suite à cette joute musicale, Bardo Pond, déjà un gros coup de la part du 106, allait se produire dans le club, jouant son rock psyché et sonique de haute volée. En faisant fuir quelques-un(e)s, peu ou prou initiés, mais ravissant avant toute chose un Club bien garni. Certains fermant les yeux pour s’abandonner au son d’un énorme amalgame entre psyché donc, élans noisy, noise, drone et acid-rock, d’autres dodelinant lentement de la tête, selon une cadence aussi leste et “flemmarde” que celle impulsée par ces maîtres du genre. Avec en chef de file Isobel Sollenberg, habitée, auteure de plusieurs incursions de flûte traversière qui colorent superbement le registre de son groupe. Lequel instaure un carnet de route compact et possédé, gorgé de guitares incandescentes, marqué par une batterie massive et un chant mélodieux qui lui aussi marque de son empreinte une collection géniale de morceaux où reverb, larsens et investigations sonores instinctives mais maîtrisées se taillent la part du lion. On n’en rate pas une miette, on profite à plein de ce spectacle à la fois brut et subtil, planant et hypnotique ou plus offensif, d’une qualité imprenable et sans concessions aucune. Bardo Pond, qui fait entres autres penser à Spacemen 3, Loop ou encore Sonic Youth pour son bruitisme, honorant grandement ce premier soir live instigué par un 106 ou il est décidément bien bon de remettre les pieds.
Photos William Dumont.