Trophy scars – Holy vacants

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Quintet en provenance du New Jersey, Trophy scars en est avec ce Holy vacants à son quatrième, le premier qu’il me soie donné d’écouter et à l’écoute, justement, on est frappé par l’ampleur, l’intensité et la largeur du panel exploré, soigné et stylé (jolie voix de Jerry Jones, couplée pour le meilleur à celle des intervenantes Gabrielle Maya Abramson et Desiree Saetia -membres des “Angels” qui s’invitent à la fête- sur le magnifique Crystallophobia), cosmique (Extant en ouverture), ou à mi-chemin de l’explosif et d’atours racés, dressés par le biais d’une instrumentation élargie et toujours de choix (Qeres).
Il faut certes suivre, les influences sont multiples, les genres mêlés mais avec tant de brio que le rendu atteint un niveau élevé, bouillonnant et d’un ressenti certain. Rage et sons de toute beauté (violon, trompette, trombone et j’en passe, tout ceci est exécuté avec maestria) s’accouplent avec le plus grand naturel, jamais de façon forcée ou poussive et on se régale de ce Holy vacants à l’élégance décisive (Archangel), tout autant que ses déviances bien “wild” (Burning mirror, également excellent, massif ET élégant). Des influences de toutes parts, incontestablement assimilées, constituent la base de morceaux de haute volée; bluesy et psyché sur Hagiophobia et ses choeurs merveilleux (les “Angels”, encore…), un tantinet jazzy dans les instants enfumés qui se font entendre (Chicago typerwriter). Trophy scars a l’art de rendre la complexité abordable, fait feu de tout bois sur le plan de l’instrumentation autant qu’au niveau vocal, élabore des climats instantanément prenants, jamais directement conventionnels. 
Un morceau comme Gutted, à l’image de bon nombre d’autres, fait cohabiter voix habitée, interventions féminines sirupeuses, colère et élégance de l’habillage avec un sacré panache. Every city, vacant fait de même, une basse massive ponctue ledit titre et même les longs formats tel Everything disappearing s’imposent immédiatement. Ceci avant un final très bref, d’obédience folk (Nyclophobia), qu’on aurait cependant aimé plus accompli mais qui n’entache en rien la qualité d’un album profond.