La jolie folk multiformes de Santa Cruz, expérimenté, aux Scènes d’été de Beauvais…

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Après Têtes Raides et The Buttshakers, nouvelle affiche de choix aux Scènes d’été de Beauvais puisque les rennais de Santa Cruz, repris par Archive sur son Unplugged, ni plus ni moins, et ayant collaboré avec Miossec, l’Orchestre de Bretagne ou encore…James Chance pour son concert au Temps Machine, en investissaient la jolie scène de plein air, précédés par les locaux de Room on Fire.

Room on fire

Ceux-ci allaient faire valoir une prestation honnête, entre pop anglaise et rock plus américain, tantôt plaisante et rugueuse, soulignée par de bons titres tel Violent radio, tantôt trop influencée (la sensation d’entendre, ne serait-ce que par bribes, le Muse de Matthew Bellamy est  légèrement gênante), dotée en tout cas la plupart du temps d’une énergie qu’on approuvera. Il manque à ce quatuor pourtant déjà rodé un surplus d’identité, il n’est plus très loin d’une véritable assise personnelle mais doit à mon sens insuffler à son répertoire fourni l’étincelle collective, la singularité, qui le consolidera définitivement. Il n’empêche que si on omet ces sources d’inspirations perceptibles, le quatuor isarien est réellement performant, très bon même lorsqu’il libère ouvertement les décibels, aucun de ses morceaux ne pouvant être intrinsèquement mis à mal.


Santa Cruz
Passé un changement de plateau épargné par la pluie, on s’en réjouira tant celle-ci aurait pu gâcher l’événement, Santa Cruz débarque et livre, comble de la joie, un set gracile, sous haute influence -digérée- Sparklehorse et Calexico, enrichie par un panel instrumental généreux (dobro, pedal steel en plus du matériel “usuel”…). Superbement exécuté par une clique de mecs burinés et talentueux, au gros vécu musical, on vit là un set subtil et finement conçu, dont le seul “défaut” est de ne lâcher la bride, de ne se faire sauvage, que trop occasionnellement, sous la houlette entre autres de la gratte racée de Goulven Hamel (tiens, ce nom me rappelle Franck Hamel, membre des Bikini Machine et ex-Skippies, énorme groupe issu de nos 90’s…) et du chant raffiné de Pierre-Vital Gérard, épaulés sans jamais fléchir par leurs acolytes scéniques. Les Bretons à la discographie elle aussi avenante et étayée, qui oeuvrent ensemble depuis plus de dix ans, se montrant par instants littéralement envoûtants. Nullement étonnant quand on connait la provenance du groupe (et le pedigree), Rennes étant une terre rock dont furent issus les Sloy et autres Dominic Sonic, pour faire court, mais en tous les cas hautement enthousiasmant. Entre folk, rock et pop, selon un cheminement personnel et maîtrisé de A à Z, générateur de moments de félicité musicale bienfaisante. 
Photos William Dumont.