Wovenhand – Refractory obdurate

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The laughing stalk (2012) durcissait déjà le ton, Refractory obdurate fait de même en plus affirmé encore. Rejoint par son percussionniste Ordy Garrison, ainsi que Chuck French et Neil Keener (Planes Mistaken for Stars, Git Some), David Eugene Edwards ne relâche que très peu la pression sur ce nouvel opus remonté.
L’effort décrit ici démarre en effet par deux morceaux aux guitares dures comme du silex, au chant guerrier (Corsicana clip puis Masonic Youth), enjolivés toutefois par les éléments mystiques chers à l’ex leader de 16 Horsepower qui nuancent ensuite plus ouvertement The refractory sans pour autant que la tension ne retombe complètement. Plombés et puissants, les titres livrés mordent, Good sheperd accentue même ce côté offensif, rentre-dedans, de façon complètement profitable et ce n’est qu’à l’occasion de Salome que les assauts soniques font relâche. Avec, tout de même, cet arrière-plan tendu, retenu. Le disque va au bout d’une démarche de radicalisation et trouve de ce fait sa place, et sa cohérence, dans une discographie qui, depuis 16 Horsepower, s’avère non seulement fournie mais aussi, et surtout, de haute volée, pleine d’âme.
Plus loin, King David se fait plus contemplatif, plus fin, et rompt assez subtilement le flux acéré de l’album, avant que l’introduction noisy de Field of Hedon et son rythme qui déboule, ses guitares une fois de plus batailleuses et ce chant reconnaissable entre mille, lui aussi rageur, n’enfoncent le clou d’une oeuvre une fois encore majeure.
En effet, rien ici n’est à négliger et l’accalmie d’Obdurate obscurs met en avant un décor mystique chatoyant, joli répit avant un Hiss dans la veine de l’ensemble, poussé par des guitares décidément massives et loquaces. Leste, le morceau précède l’ultime réalisation, El-bow. Une fin brève dans sa durée, obscure et qui laisse un léger goût d’inachevé. Ceci sans nuire, évidemment, à l’excellence du rendu.