Gallon Drunk – The soul of the hour

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Après au moins 2 albums majeurs dans les 90’s et une “pause” assez prolongée, le Gallon Drunk de James Johnston fit son retour en 2012 avec l’excellentissime The road gets darker from here, brûlot rock teigneux de haute volée. Deux ans après, les londoniens récidivent et, surprise, se fendent d’un disque au moins aussi génial, rageur, mais agrémenté de plages plus aérées, adroitement mêlées aux brailleries mémorables de Johnston et sa clique, que souligne le saxo de Terry Edwards.
Before the fire et ses quasi dix minutes illustre bien cette démarche nouvelle, en instaurant une longue montée instrumentale où orgue et rythmique forment un duo à la fois fin et inquiétant. Ceci avant que le chant de Johnston, forcément reconnaissable, et sa guitare mordante n’étayent ce climat retenu mais simultanément groovy et plombé, orné , aussi, par l’instrument d’Edwards.
Sans plus traîner donc, c’est un pavé imparable qui nous est administré et suite à cela, The dumb room renoue avec l’énergie directe, massive et incoercible des morceaux les plus brefs des Anglais. Le chant déchiré fait merveille, l’instrumentation arrache tout, puis The exit sign souffle une épopée kraut soutenue, sonique, dont Gallon Drunk détient les clés. Formidable, The soul of the hour vous explose à la face avec subtilité, se fait divers dans la cohérence la plus totale et marque même une avancée par rapport à un opus précédent pourtant déjà excellent.
En milieu de parcours, la classe bluesy du titre éponyme, lancinant jusqu’à une belle explosion sonore, affirme le bien fondé des options voulues par le groupe. Les longs formats n’entachent en rien la valeur d’un album qui évoque Thee Hypnotics -c’est dire sa qualité- et prend une coloration psyché finaude sur Dust in the light. Retour à un calme relatif, avant que Over and over, merveille de rock grungy cuivré façon Gallon Drunk, vienne à son tour renforcer un travail absolument remarquable. Et que The speef of fear, cadencé, d’obédience kraut, achève superbement. De façon obsédante même, et selon un parti pris sonique lui aussi “maison”, magnifiquement exécuté. 
Un disque de classe supérieure, ni plus ni moins.