Thomas Albert Francisco – I’m not a bad guy

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Révélé par de bien belles scènes, déjà “détaché” grâce à sa formule originale (folk “énervé” en solo, agrémenté de boucles et finalement aussi racé que nerveux), l’amienois Thomas Albert Francisco sort un premier EP, généreux (sept titres au compteur) et d’une valeur égale à celle de ses prestations en public.
I’m not a bad guy, l’objet en question, instaure d’emblée la folk vive -et vivifiante- de TAF, sur ce Bad guy tubesque, rageur et qui dévoile un jeu lui aussi rude mais finaud. Le début est donc parfait, So pretty met ensuite en avant un texte touchant et un univers sensible, pour une seconde réalisation elle aussi accomplie. Etonnant de maturité, capable d’émettre bon nombre d’idées décisives, Thomas Albert Francisco est de plus épaulé par Lionel Gaillardin (B.Biolay, Didier Wampas) et Ludovic Lanen (ingé son de Cabrel) au niveau sonore, et par la Région Picardie, ainsi que 92 Kissbankers, sur le plan financier. Le résultat, brillant, s’en ressent bien entendu de façon positive et dans la foulée de ces deux morceaux, Paradise et son violoncelle bien amené (l’une des “armes” du bonhomme) fait mouche de façon, on l’aura compris, brute et distinguée.
Suite à cela, White flakes, animé par cette même dualité vigueur/élégance, et ce jeu de guitare incroyablement juste et agité, puis un Love after love plus posé, qui trouve très facilement sa place au milieu de compositions rugueuses, créditent le Franco-Belgo-Espagnol, qui continue à nous réjouir avec les gimmicks funky de Student party, nouvelle réussite d’un genre qui lui appartient, zébré ici par une électricité qui “seringue”.
Il va sans dire qu’on approuve, doublement même, et qu’on s’entichera de ce disque tout à la fois entraînant, inspiré, subtil dans son agencement, qui prend fin sur Never back down, valorisé par cette guitare décidément remarquable, une rudesse salvatrice dans son utilisation et une trame une fois encore superbe. A l’image d’un opus soigné, tiré à quatre épingles et, dans le même temps, constamment animé, à mille lieux des canevas folk ennuyeux au possible audibles chez les artistes par trop “normés”.