Les Femmes s’en Mêlent…trop peu avec La Luz et Angel Olsen à la Lune des Pirates…

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Après une belle étape isarienne, à Creil, avec en point d’orgue Lorelle Meets the Obsolete, le festival “LFSM” (Les Femmes s’en Mêlent) se posait à la Lune des Pirates avec dans sa besace deux groupes américains attrayants: La Luz et son surf rétroïde plaisant et, dans la foulée, Angel Olsen, dotée d’un folk lo-fi aussi charmeur qu’impétueux.
Malheureusement et si La Luz mit justement de la lumière dans une Lune des Pirates bien garnie, la brièveté de la prestation d’Angel Olsen, boudeuse et sans entrain, s’avèrera décevante en dépit de quelques belles réussites. Mais revenons aux quatre filles de Seattle, belle surprise de la soirée avec un registre surf certes prévisible, mais au style incontestable, que des compositions abouties comme Sure as spring consolident vivement. On se trouve ici à la croisée du surf bien sur, des 60’s et d’un répertoire garage à l’ancienne, plutôt mélodieux, qui tient incontestablement la route. Et on assiste à une prestation convaincante, sympathique à souhait, aussi aérienne (Call me in the day) qu’enlevée (Damp face), aux plages instrumentales bien jouées.


La Luz
Le temps d’échanger quelques mots avec les voisines, de jeter un regard sur un assistance étonnamment “âgée” (si ce constat signifie que la Lune attire une frange plus large encore de la population, on s’en réjouira car elle le mérite amplement et sa programmation vaut le détour de A à Z), et voilà que débarque la belle Angel, à la moue charmeuse si elle n’était pas synonyme, ce soir, de concert écourté, frustrant tant on sent quand ça “décolle” (Stars ou encore Forgiven/Forgotten) que la Dame et son groupe peuvent enflammer l’assistance.


Angel Olsen
Au lieu de ça, on aura droit à des essais folk brefs, beaux à l’écoute, on n’en disconviendra pas, mais générateurs d’une trop grande linéarité et, au delà de ça, exécutés sans la flamme et la vigueur qui devrait les animer. Le potentiel, énorme, ne s’exprime que par bribes, la folk ombragée aux zébrures noisy d’Angel (un excellent Hi-five) fait merveille à l’occasion, mais rares, trop rares sont les réels moments de grâce. On s’en contente malgré tout, mais on est en droit d’attendre plus d’une artiste si douée, dont le positionnement entre folk soyeux et élans plus soniques possède au départ tous les atouts pour s’imposer.
Petite déception, donc, que ce concert en demi-teinte que la programmation à venir comblera rapidement et qui, en dépit de ses creux, nous aura tout de même enthousiasmés à plusieurs reprises.
Photos William Dumont.