L’electro-pop de Thomas Azier à la Lune des Pirates..

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Le lendemain des excellents Moodoïd, la Lune des Pirates offrait une autre belle soirée en perspective puisque Thomas Azier, nouvelle révélation electro-pop en date, y succédait comme tête d’affiche aux deux jeunots explosifs de Compact Disk Dummies. Les frangins Coorevits assurant une prestation aussi enlevée et trépidante, ou presque, que celle livrée lors d’un Bruits de Lune récent, qui les révéla aux yeux d’un public soufflé par la vigueur et la teneur de leur répertoire. Un mix electro-pop/rock survitaminé (The reeling), inventif et endiablé, de fort belle facture s’agissant de deux musiciens aussi jeunes. Et l’une des belles surprises actuelles, à suivre de près sachant que pour l’heure, seul un EP -sans défauts- est sorti.


Compact Disk Dummies

Comparativement, le Néerlandais d’origine maintenant basé à Berlin, fort d’un Hylas (trop?) vite monté en épingle, souffrira presque de cette entrée en matière tonitruante. Ses morceaux, certes, sont bons, certains sont même tubesques, mais son set peine à décoller et laisse parfois trop de place à l’emphase. La voix, aiguë, lasserait même par instants, mais heureusement, les morceaux porteurs l’emportent et la diversité du registre, dans les cadences et les ambiances, permettent de ne pas décrocher.


Thomas Azier

Le public, lui, adhère d’emblée (Le “diktat” de la hype? Peut-être pas car il y a tout de même là de la qualité) et se trémousse sans compter ni se montrer par trop exigeant. Et finalement, on apprécie plus qu’on ne rejette cette electro-pop souvent “émotionnelle”, qui gagnerait peut-être à prendre du nerf et à s’extirper d’un “tout synthétique” dont on pourra reconnaître la cohérence, mais qui se montrerait éventuellement plus pertinent en faisant la part à l’organique. La partie est donc gagnée, pour le coup, mais subsiste un goût d’inachevé, ou de suffisance, que l’artiste du soir saura à l’avenir gommer.

Photos William Dumont