IC Music+Gonzaï+Deerhoof accompagné de The K, formule sauvage et gagnante de la Lune des Pirates…

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Si elle a récemment changé de programmateur, La Lune des Pirates persiste à faire dans la qualité et la date de ce mardi de mars, dans le cadre du projet IC Music et instiguée par Gonzaï, validera mon constat tant les deux groupes invités, les Belges hautement abrasifs de The K et les expérimentaux -et expérimentés- Deerhoof, s’y sont mis en valeur.


The K
Le trio premièrement nommé, entre Jesus Lizard et “braillage débridé”, rythmes syncopés ou plus directs et registre compact façon “power-trio”, assurant une ouverture déjà sonique. Une gifle de choix, dira-t-on, administrée par un chanteur-guitariste remonté et un section rythmique qui envoie elle aussi du lourd, pour une collection de morceaux dont l’impact se fera forcément -et positivement- ressentir. Au point de réjouir un public venu de préférence pour Deerhoof mais qui, pour le coup, fera à nouveau une bonne découverte. The K étant également, prenez-en bonne note, prochainement programmé à l’Ouvre-Boite de Beauvais, dans un Barasca où il donnera sans nul doute sa pleine mesure.


Deerhof
Tout comme Deerhoof et sa dizaine d’albums au compteur, cador d’un rock noise adouci par la voix de sa chanteuse/bassiste, Satomi Matsuzaki. Une musique sauvage et insoumise, saccadée et porteuse d’un groove jouissivement malsain impulsé entre autres par la frappe du batteur Greg Saunier, cogneur décisif tant par sa frappe que par son charisme et son humour. Ca prend vite, ça embrase et ne tardons donc pas à l’affirmer; le choix de la “Lune”, en plus de s’avérer excellent, génère un concert de feu. Qui prend appui sur une formule originale, qui n’exclut bien évidemment pas la mélodie mais la malaxe à coups de grattes assassines (remarquable Ed Rodriguez, de même que John Dieterich) et d’élans noisy truffés de sons que Sonic Youth n’aurait pas reniés, loin s’en faut. Les danses de Satomi démontrent un plaisir évident et accentuent le notre, causé par ce rock furibard et débraillé, parfaitement joué par un groupe à la marque de fabrique porteuse et plus que confirmée.
Tout comme le niveau d’une soirée faite de vigueur et de déviance, entièrement probante.