L’electro-pop prudente et enchanteresse des trois sirènes d’Au Revoir Simone fait briller la Lune…

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Après de belles Nuits de l’Alligator, passées entre autres avec The Liminanas, la Lune des Pirates ouvrait ses portes, ce vendredi, aux trois Américaines d’Au Revoir Simone, munies de leur electro-pop gentiment acidulée.
Autant dire que l’occasion, unique, ne se rate pas et pour réduire l’attente, un joli show de The Bony King of Nowhere AKA Bran Vanparys, gantois à la folk sincère et authentique, nous aura été offert. Un set chant-guitare sèche prenant, bien qu’un tantinet linéaire, empreint de sincérité. Le Flandrien a trouvé son inspiration dans les Ardennes, en milieu boisé et ça se ressent dans le contenu sobre et dépouillé de ses folk songs, jouée avec des mimiques traduisant un réel émoi.
C’est beau, ça se laisse écouter et la Lune peut alors afficher complet (dommage que la jeunesse, versatile, aie amputé le show du Belge de quelques dizaines de personnes) pour, à l’issue d’un changement de plateau rapide, accueillir les jolies donzelles de Brooklyn. Timides, tout sourire et faisant dans la sobriété musicale, celles-ci allaient malgré un côté timoré (on ne retrouvera pas -ou très peu- dans leur prestation les écarts déviants d’un Still night, still light, deuxième album flamboyant) livrer une venue pleine de charme et de morceaux sucrés, légèrement acidulés, dans le sillage de l’excellent et plutôt alerte More than tiré de Move in spectrums, dernier album en date.
Celui-ci sera d’ailleurs bien représenté, avec entre autres Gravitron, We both know et Just like a tree, le reste trouvant sa source dans ce fameux deuxième opus et faisant la différence par, d’une part, la simplicité et le côté tubesque des morceaux et, d’autre part, cette formule chant(s)-synthé(s) assez unique. Si le concert peinera à réellement décoller, il atteindra les sommets lorsque ce sera le cas, en se faisant plus dansant, porté par l’incursion d’une basse dans le répertoire des Dames. Un Anywhere you looked sautillant, par exemple (Still night, still light, encore), ou les gimmicks d’un tout aussi alerte Crazy (Move in spectrums), amèneront le public à une félicité exprimée par de belles ovations et des danses à l’unisson ou presque. Simple mais efficiente, bardée de mélopées décisives (Shadows) et entêtantes, rêveuses aussi, la recette d’ARS fait mouche. Et conquiert une Lune qui lui réservera une sortie, soulignons-le, toute en gentillesse et en galanterie, lui faisant même un petit chemin bras tendus, tel un pont protecteur. 
Juste beau, plus que beau même, céleste et ravissant même si peu “sauvage”.
Photos William Dumont.