The Limiñanas, la grande classe, en conclusion d’une belle triplette pour des Nuits de l’Alligator Lunaires…

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Forcément impliquée dans les “bons coups” tels que les Nuits de l’Alligator ou Les Femmes s’en Mêlent, la Lune des Pirates accueillait ce mercredi, dans le cadre du premier des deux évenements, les perpignanais The Liminanas, signataires d’une garage-pop/psyché aux élans 60’s, qu’on pourrait également situer, pour compléter, entre Ultra Orange et Gomm. Et auteurs, avant tout, d’un concert colossal, puissant et “adouci” en certains endroits par un chant léger, charmeur ou espiègle,usant parfois du français.

Mais avant cela, quelques mots mérités sur l’ouverture, assurée avec brio par Bror Gunnar Jansson en one man band bluesy d’antan, classe dans son costard ajusté et son chapeau, et doté d’un côté débraillé avec ses chaussettes rayées multicolores. Classe et dépenaillé donc, à l’image de son apparition, largement estimable, entre blues délié ou plus rugueux, exécuté avec dextérité. Méritoire, avant la seconde surprise, de taille, que constitua Sarah Mc Coy. La pianiste-guitariste de la Nouvelle-Orléans, renversante et passionnée, imposant un registre piano-voix, accompagné à l’occasion d’un xylophone, phénoménal. Le tout chanté d’une voix chaude et profonde, habitée, et selon plusieurs registres: jazzy, cabaret ou encore bluesy. Qui la verra d’ailleurs en sa fin s’allonger sur scène guitare en main, jambes tendues pour y lover sa xylophoniste, afin d’interpréter le dernier titre d’un set enchanteur, intense, possédé.

Et dont la qualité aurait pu suffire à satisfaire l’assistance, si les non moins performants Liminanas, en quintet soudé, n’avaient à leur tout fait souffler un vent de folie sur la Lune, par le truchement d’un registre de haute volée. En s’appuyant sur une musique sans âge, quand bien même les références au passé et notamment aux 60’s sont perceptibles, le combo drivé par Marie et Lio a en effet appuyé sur la pédale rock, jouant la plupart du temps pied au plancher des essais imparables, bref dans la durée et hautement efficients. En ayant l’intelligence de tempérer son répertoire par quelques chansons plus poppy, saupoudrées de touches Gainsbouriennes du plus bel effet, et de scories surf elles aussi délectables. Ca twiste autant que ça cogne, cà fuzze, des envolées de claviers balafrent élégamment le tout et quand bien même le concert des sudistes s’avère éphémère, on oubliera tant il marquera les corps et les esprits, déchaînant une foule conquise par une formation ente classe et penchants rentre-dedans. Basée sur un carnet de route “maison”, élaboré avec passion et dans une musicalité constante.

Pour une sortie remarquable, une de plus, dirai-je même, dans notre Lune désormais dotée d’un équipement technique nouveau, avec pour effet d’accentuer la magie qui se dégage de ses soirées.

Photos William Dumont.