Anna Aaron – Neuro

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Artiste bâloise, hébergée par le label des Young Gods (Two Gentlemen), Anna Aaron jouera prochainement sur plusieurs dates du festival Les Femmes s’en Mêlent, gage certain de singularité.
Cet album, le second pour elle, démontre cette particularité avec brio en passant de morceaux intimistes, sobres et pourtant intenses (Case en ouverture et parmi d’autres) à des essais corrosifs, batailleurs, qu’une PJ Harvey n’aurait pas reniés (Stellarling, qui allie pureté vocale, une constante chez la Dame, et passages tempétueux). Musicalement, l’inventivité est de mise et on part dans des chemins de traverse délicieux, tourmentés, qui ont pour effet de casser la dynamique “chatoyante” d’Anna (un excellent et asséné Girl), celle-ci se faisant alors plus sauvage dans le chant. Attachant, encanaillé, Neuro étincèle, montre les griffes et s’apaise ensuite pour atteindre le bon positionnement entre ses deux facettes. C’est le cas sur l’alerte Linda, avant que Labyrinth n’acidifie encore le propos en mêlant élans souillés et plages épurées. Tout en contrastes parfaitement pensés, l’album est de ceux qui, outre le fait de squatter les platines, génèrera de bons moments live. Il peut ensuite revenir à une certaine quiétude (Off); l’effort passe comme une lettre à la poste et on se réjouit de l’initiative d’emprunter, à l’envie, des passages plus obscurs.
Ainsi, la tension de Neurohunger rajoute du crédit à un ensemble déjà probant, émotionnel tout en exhalant une violence rentrée, un tourment palpable. Tout ici vaut le détour et Doubleclub, aux pulsations electro alliées à une voix décidément enchanteresse, captivante quel que soit le registre abordé, et un piano de toute beauté, fait mouche à son tour. Puis les obsédants motifs de Heathen débouchent sur un “tube” assez bluffant, à placer parmi les sommets d’un disque lui aussi au sommet d’un genre captivant et cathartique.
Enfin, Totemheart, animé par des sons encore une fois inventifs et offensifs, puis Simstim, spatial, qui fait la part belle au duo voix-piano, ferment la marche avec le même brio et la même attractivité. A l’image d’un opus de haute volée et dans l’attente des prestations live d’Ana Aaron, sans nul doute uniques.