Exotisme et métissage à la GAM de Creil avec The Cambodian Space project…

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S’il est bon de faire son retour au 106 de Rouen, il l’est tout autant de revenir à la Grange à Musique de Creil, belle antre du Boulevard Salvador Allende.
Adepte de la pluralité musicale, très souvent judicieuse dans ses choix de programmation, qui permettent la découverte ou remettent sur le devant de la scène des légendes tels les Buzzcocks ou bientôt Napalm Death, la “GAM” de Creil s’est une nouvelle fois distingué en ce samedi 1er février, attirant dans ses filets le groupe cambodgien The Cambodian Space project. Une formation menée par la chanteuse Khmer Srey Thy, qu’épaulent des musiciens pour la plupart occidentaux, le groupe conservant toutefois ses bases au Cambodge, à Phnom Penh.
Mais avant cela, n’omettons pas d’une part Loxic, local et “GAMien” invétéré, auteur de son mix “de chauffe” habituel, bien joué, et les Losers in the Sun, au nouveau set joué par une formation renforcée et, à mon sens, tout aussi déjantée dans son rock garage spontané tout en gagnant, on ne s’en plaindra pas, en clarté dans le rendu. Bonne prestation, qui crédibilise le groupe isarien et le rend plus cohérent sans y perdre  de sa démarche, influencée entre autres par Thee Oh Sees si je ne m’abuse.
Le temps d’une nouvelle intervention de Loxic, les quatre membres du Cambodian Space Project s’installent…et nous voilà partis pour une drôle de sarabande entre pop cambodgienne, élans surf et garage ou encore psyché, orchestrée par une étonnante clique qui, si on aurait pu s’attendre à un set plus sauvage, dégage une énergie certaine, une singularité évidente, aussi, et impose un procédé original. Passé l’adaptation nécessaire à une voix orientale d’abord potentiellment déroutante, l’imprégnation est totale, le “voyage” et le choc des genres bienfaisants. La pop cambodgienne de la fin des 60’s est mise à l’honneur, ça groove et ça cogne à l’occasion (pas assez, dommage!), c’est beau et entraînant et on s’y laisse prendre sans grande tentative de résistance. C’est, aussi, la première fois que dans ce cadre, on assiste à un concert aussi original, depuis…Slow Joie and the Ginger Accident, auteur ici aussi d’une bien bonne apparition. On ne peut finalement qu’adhérer et y trouver son compte, réjouit par cette bouffée d’air frais musical et la qualité d’ensemble du répertoire proposé.
Encore un choix avisé, donc, signé de la “GAM”, dans l’attente de The Excitements (avec John the Conqueror), Napalm Death donc, ou encore le festival Les Femmes s’en Mêlent (pour sa toute première à la GAM!) et bon nombre d’autres artistes forcément recommandables.
Photos William Dumont.