La grande, l’immense classe de l’ex-Kat Onoma Rodolphe Burger inonde la Maison de la Culture amienoise…

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Dépositaire d’un Festival Tendance maintenant installé, la Maison de la Culture d’Amiens y insère quelques noms qui font saliver et en ce vendredi, les nostalgiques de Kat Onoma et amateurs d’un rock bluesy voire jazzy à la fois classieux et griffu ne pouvaient qu’y trouver leur bonheur puisque Rodolphe Burger, ancien leader du groupe strasbourgeois, y faisait escale accompagné de sa section rythmique.
L’occasion était belle, inratable même, d’ovationner un créateur et “repreneur” de génie, défricheur, passionné, habité par ce qu’il sait faire de mieux avec la discipline philosophique: la musique. Le temps d’échanger quelques mots avec la sympathique ouvreuse, les lumières s’éteignaient et La chambre de Kat Onoma, pétri de classe et de délicatesse à la Bashung -d’ailleurs honoré ensuite par l’éblouissant Samuel Hall-, résonnait dans le Petit Théâtre de la “MACU” pour d’emblée semer de la félicité dans l’assemblée, au sein de laquelle siègent bien évidemment nombre de quadras voire quinquas, certains ayant même eu l’excellente idée d’y attirer leur progéniture.
D’emblée, c’est beau, la magie opère, l’immense présence pourtant discrète et modeste du bonhomme s’impose et, dans le sillage d’une amorce plutôt feutrée basée sur des compos personnelles brillantes (Cheval-mouvement, par exemple), la suite va osciller vers une série de reprises génialement retravaillées. On y décèlera entre autres Moonshiner, folk-song datée reprise entre autres par Dylan, où l’amorce de C’est dans la vallée, instaurant la voix de Roger Humbert (habitant welche de la vallée de la Petite Lièpvre), fait merveille ou un énorme et mordant à souhait Eisbär de Grauzone, le tout premier groupe de Stephan Eicher. Hard times, de Skip James, tout comme le chatoyant Marie, exhalera le côté blues feutré de Rodolphe Burger, qui voisinera avec une série d’essais rudes et percutants, toujours empreints de ce feeling qu’on lui connait. Et, au delà de cela, retravaillés avec panache, nappés d’une électro savamment distillée et zébrés d’envolées de sa six-cordes à l’éloquence détonnante. Génératrice, qui plus est, de bourrasques soniques du plus bel effet.
Billy the kid sera de la partie, “traficoté” avec talent et aboutissant à un ahurissant morceau electro-blues/rock et si Billie Jean ainsi que Pale blue eyes ou encore The passenger, inscrits à la set-list, ne seront finalement pas joués, un intense et lancinant Radioactivity mettra fin à un concert de tout premier ordre. Livré par un artiste ayant de surcroît le goût de revisiter un large pan de la culture musicale, dans un éclectisme cohérent, de façon “maison” et en se voyant ici épaulé sans jamais faillir par Julien Perraudeau (basse, claviers) et Alberto Malo (batterie), en formule trio, donc, imparable. Superbe.
Photos William Dumont.