Aquaserge, auteur d’un opus de choix avec April March…

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Comme l’imposait leur collaboration avec l’Américaine April March, classieuse et qualitative et hébergée qui plus est par Freaksville Records, questions aux toulousains déjà aguerris d’Aquaserge


1. Question “qui fâche” pour débuter, adressée plus spécialement aux membres fondateurs d’Aquaserge: pourquoi vous qualifie t-on de “dissidents” d’Hyperclean, votre groupe précédent?

Entre Hyperclean et Aquaserge c’est une longue histoire d’amour. Frédéric Jean Artiste nous a fait nous rencontrer. Le nom et le concept « Aquaserge » vient de son cerveau fou et musicien. Il y a eu des séparations, mais certains d’entre nous participent encore au projet. Frédéric est tellement drôle qu’il est impossible de le quitter définitivement. C’est comme une thérapie…par le rire.

D’ailleurs, la chanson « Spirals » est une réadaptation d’un morceau que nous avions travaillé avec Hyperclean à l’époque et qui n’avait rien donné.

2. Pour revenir sur votre dernière sortie, en collaboration avec April March, que vous a apporté ce travail commun? Qu’est-ce qui vous amenés à oeuvrer avec elle?

Encore une histoire d’amour. On s’est rencontré lors d’une tournée avec Bertrand Burgalat. Beaucoup de points communs dans nos goûts musicaux nous on réunit d’emblée, nous étions fascinés par sa classe et l’idée de faire un disque avec elle malgré la distance qui nous séparait était très excitante.

Julien Gasc vît Elinor dans les loges du Fillmore à New York après le show de Stereolab avec qui il jouait à l’époque. Ils ont commencé à correspondre, à s’échanger des disques et puis des compositions…

Ce travail commun est flamboyant, c’est un travail très riche, très beau, très baroque, cela nous a apporte de la force pour continuer a produire des disques qui nous plaisent comme jamais.

3. Comment s’est déroulé l’enregistrement de l’album. Quelle place a été accordée à chacun, groupe et “intervenante”?

Il est très compliqué de vous donner un déroulement de l’enregistrement, chaque chanson est un nouveau départ, on peut passer deux heures a travailler sur une ligne de basse vous savez!?

Nous composions, enregistrions chez nous, à Toulouse, les bases des morceaux, les mélodies. Nous les envoyions ensuite à Elinor qui écrivait les textes. Nous lui avons demandé beaucoup pour ses parties vocales. Les mélodies que nous avons écrites ressemblent à des parties instrumentales solistes, des mélodies très acrobatiques parfois… Elle a du écrire au mot près.

Nous ne nous sommes réunis que pour les prises de voix définitives, les dernières retouches, à l’Electric Mami Studio et pour le mixage au Soma Studio avec John Mc Entire.

Nous avons essentiellement travaillé à trois avec Audrey Ginestet, Benjamin Glibert et Julien Gasc. Julien Barbagallo était peu disponible a ce moment là. Il fait la batterie sur la plupart des morceaux. Il a une sensibilité rare, il est très fin, il peut être très rock ou au contraire très féminin, il joue avec douceur et dynamique… il peut se lancer au micro et commencer à improviser des lignes de ch?”urs, ensuite nous le suivons…

La majorité des chansons ont été écrites par Benjamin Glibert et Julien Gasc, Audrey a amené de la matière, elle nous a beaucoup conseillé. Elle est aussi ingénieur du son pour le cinéma, ses oreilles sont très précises et c’est très utile d’avoir des oreilles fraîches ! Elle est à la base de deux chansons (Sparkler et J’entends des voix)…, en fait nous ne savons pas toujours où nous allons quand nous enregistrons. Comme nous disposons d’un studio, nous enregistrons directement, il n’y a pas de maquette préalable ni de répétitions, ni de méthode précise d’ailleurs… Nous faisions du lego sonore.

4. Vous retrouvez- vous dans le rendu discographique lié à ce travail commun?

Complètement! Notre contrainte était d’arriver à composer des chansons «pop » dans des formats courts et d’y insérer les recherches sonores, harmoniques et rythmiques qui nous préoccupaient. La collaboration avec Elinor à été évidente, bien que séparés par l’Océan, nous étions sur la même longueur d’onde, très peu de retour en arrière ou de mauvaises directions…

5. Etes-vous satisfaits de votre “appartenance” à Freaksville dans le cadre de l’opus avec April March?

Oui bien sûr ! C est très agréable de travailler avec Benjamin Schoos. Ça a été très long et compliqué de trouver un label susceptible de sortir ce disque. Freaksville nous a trouvé et se bat pour ce disque bec et ongle, et ça fait du bien…

6. Il semblerait que l’ouverture et la collaboration soient partie intégrante de votre démarche de groupe et de musiciens; vous confirmez?

Oui c’est vrai. Nous avons toujours prêté main forte à d’autre formations et il y a toujours beaucoup de monde qui passe chez nous alors nous les réquisitionnons pour enregistrer.

Julien Gasc propose a beaucoup de groupes qu’il aime d’enregistrer leurs disques a l’Electric Mami Studio, mais comme la plupart sont américains et pauvres, c’est plutôt compliqué,… hahaha.

6. Dans ce cadre, quels sont vos principaux projets actuels?

Julien Barbagallo est en ce moment batteur de Tame Impala.

Benjamin Glibert est bassiste chez Melody’s Echo Chamber et Hyperclean.

Audrey Ginestet est Bassiste dans le groupe toulousain Ueh.

Julien Gasc est bassiste avec Laetitia Sadier (Stereolab) et vient de finir son album solo qui devrait sortir en septembre.

Mais nous avons malgré tout trouvé le temps d’enregistrer le nouvel album d’Aquaserge qui devrait sortir en octobre…

7. Le nombre de vos intervenants, s’il constitue une richesse et un atout incontestables, n’est-il pas en certaines occasions un frein à votre progression?

Vous savez la plupart des groupes tournent autour d’un leader et bien nous nous ne fonctionnons pas comme ça, c’est de la débrouille de groupe. Notre richesse est dans le travail de groupe, la composition en groupe.

Nous venons tous de mondes musicaux assez différents, le jeu est donc de parvenir à faire une musique commune avec ces influences disparates… Et les amis que invitons sur nos disques nous y aident.

8. Quels sont vos meilleurs souvenirs de tournées, sachant que ces dernières sont souvent “aventureuses” d’un point de vue géographique?

Julien Gasc : « J’ai adore l’Amérique du Sud en tournée avec Laetitia Sadier en février, c’était un rêve de gosse. Le Chili et l’Argentine vous apprennent la lenteur, la contemplation, c’est comme un retour dans les années 50-60, la vie sans robots, ni machines. »

Benjamin Glibert : « J’aime beaucoup me baigner. Je me souviens avoir nager dans le Rhône à Genève lors d’une tournée européenne d’Aquaserge et plus récemment en Mer Méditerranée à Barcelone lors du Primavera Festival avec Melody’s Echo Chamber. »

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