Poni Hoax – A state of war

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Heroic disco pop…Poni Hoax se plait à se définir ainsi et sur ce nouvel album brillant, on est en effet assez proche de cette autodéfinition, qui ne suffit cependant pas à cerner de façon précise l’univers de Ker et consorts. Lequel trouve là une bien belle traduction sonore, suivant un groove new-wave et funky des plus entrainants et attrayants (le superbe enchainement Cities of the red dust, avec sa belle retenue/There’s nothing left for you here/Down on serpent street et sa voix féminine qui vient accompagner celle, merveilleusement Bowiesque, du leader).

On l’aura compris, le début est tonitruant, la musicalité de mise et l’ensemble se positionne parfaitement entre modernité et clins d’oeil au passé, dans l’élégance et sous le couvert d’un “synthétisme” parfaitement assumé, qui constitue l’un des atouts, nombreux, du groupe.

Qu’il s’agisse de Blood & soda ou du léger Marida, splendide de délicatesse, Poni Hoax trouve constamment le ton juste, l’inspiration et la coloration (cette coloration Bowiesque, alliée à une juxtaposition de courants musicaux que le groupe rend ici complémentaires, est tout simplement obsessionnelle), et réinvente presque une new-wave qu’il fait sienne (Life in a new motion, nouvelle réussite sensible et sobrement étoffé, ornée de motifs gentiment cold, ou Leaving home again, plus vif certes mais teinté de cette même sensibilité et plus “griffu” de par ses guitares douces-amères et une cadence plus marquée).

On tombe ensuite, titre évidemment évocateur, sur un Young Americans dansant, funky dans le ton, où l’homogénéité du groupe transparait à nouveau. L’organe vocal remarquable de Nicolas Ker et l’instrumentation de ses acolytes faisant bon ménage pour accoucher d’un essai parfait. Et décoré, qui plus est, par des interventions féminines de toute beauté.
Puis on retrouve cette magnificence détendue sur Winter seal, sans excès, aussi sobre qu’abouti, puis un tubesque Summerfalls aux volutes de claviers entêtantes et aux six-cordes mordantes.  Le parcours prenant fin sur The word et ses huit minutes de new-wave céleste et alerte, obsédante de par la répétition de ses sons.

Comme l’est, au final, ce State of war de tout premier ordre, à ranger au rayon des incontournables d’ici et d’ailleurs.