Aline regarde le ciel et tutoie les cimes amienoises…

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Organisée dans le cadre du Fair, la venue d’Aline, auteur d’un excellent Regarde le ciel, et des bordelais de Pendentif, signataires eux d’une série de morceaux pop/new-wave avenants, était de nature à attirer la foule dans la salle amienoise, incontestablement habile dans la “détection” et la programmation de groupes brillants.

Aline

En ouverture, Pendentif et sa pétillante chanteuse ont d’emblée fait valoir une pop vivace, mélodieuse mais émaillée en certains endroits  de touches plus mordantes et de tonalités 80’s du plus bel effet. Jerricane, imparable morceau-phare euphorisant, et Riviera, pour ne citer qu’eux, ou encore Embrasse-moi, révélant aux yeux du public amienois un groupe doué et très attachant. Et qui plus est soudé, dont l’intro “plantée” n’a pas empêché le déroulement sans écarts de son set.
De toute évidence, Pendentif a sa place dans les récentes trouvailles du pays, pourtant nombreuses, et dispose d’ores et déjà d’un répertoire solide, qui séduit tant par sa douceur que ses encarts 80’s et ses occasionnelles bourrasques. Il nous gratifie d’envolées vocales à la Bewitched Hands -rapprochement forcément favorable aux Aquitains-, et offre à l’assistance un concert de choix, dans l’attente donc de l’apparition de Romain Guerret et consorts.

Et là les marseillais, aux courants inspirateurs allant des géniaux Pastels à une cold-wave modérée en passant par le post-punk et la flamboyance mélodique des Smiths, ont pu donner vie, avec panache, à un premier album parfait, assorti de travaux de l’ “ère Young Michelin“. Le tout dans la pertinence la plus parfaite, avec un pouvoir de synthétisation de leurs influences assez bluffant.

Pendentif

Avec classe et modestie, sans excès ni frime aucune et, atout certain, la verve verbale du son chanteur, mêlée à une rythmique imprenable et au jeu “à la Marr” de son guitariste Arnaud Pilard, Aline prouve qu’après un EP sous le nom de Young Michelin et cet opus initial porté par une palanquée de titres forts, il occupe les premiers rangs d’une “pop française” qui décidément s’avère étayée. Entre délicatesse du son et coups de boutoirs décisifs (Regarde le ciel), sonorités à la The pains of being pure at heart (Je bois et puis je danse, par exemple) et aptitudes à créer des hymnes pop renversants, le quintet convainc et enfonce le clou d’un style entièrement assumé. Orné, de surcroît, par de discrètes et charmantes plages de claviers.

Pour, au final, livrer l’une des venues les plus significatives de ces derniers temps sur le quai Bélu amienois.

Photos William Dumont.