Les Shades – Les herbes amères

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Membres d’une “scène parisienne” qui surprit son  monde au mitan des années 2000 par le nombre de ses groupes, à l’identité à l’époque “à défricher”, Les Shades ont dans un premier temps pâti de ce statut. La faute à deux albums encore à parfaire, à la maturité inaboutie.

Aujourd’hui, le quintet muscle le propos, signe quelques belles réussites, au verbe plus adulte, et se montre plus crédible (le fonceur Dans les artères vol.2, qui cogne et allie claviers et guitares mordantes, après un début d’album assez probant constitué du presque tubesque Hors de moi, qui déclenchera l’hystérie en concert chez les ados ou “adulescents”, et d’un 1989 bourru mais aussi subtil).

On n’en doutera donc pas, le groupe progresse, se veut l’auteur d’une écriture plus fine, et ses réalisations gagnent autant en nerf qu’en tenue d’ensemble. L’identité reste à définir mais se précise et quand bien même l’originalité n’est ici guère dominante, Les herbes amères tient la route (La caverne, autre réussite à la cadence rapide et aux choeurs avenants). Il convainc aussi dans ses moments de calme (Mandragore), qu’il a le mérite de rendre épars, et quand il se “poppise” à l’image de Nelly, mélodique, plutôt accompli.

Les mid-tempi s’avèrent eux aussi séduisants (Vertige, qui ne nous le donnera pas  forcément mais parviendra tout de même à accrocher l’oreille), et on retiendra surtout à l’arrivée les compos nerveuses comme Dernier cri, soulignées par des claviers discrets et bien amenés, ou encore Sang d’encre qui fait valoir des riffs secs sur un rythme lourd pour un résultat de belle facture, à la fin très rock qui en accroit la valeur. De feu, calme mais enfiévré, mettant fin avec élégance et musicalité à un essai qui permet à ses géniteurs d’avancer. Et de s’approcher d’une vérité dans le ton et dans le contenu que de toute évidence, leurs capacités leur permettront  d’atteindre dans un avenir proche, sachant qu’aujourd’hui ils la tutoient déjà.