LCDK – Karl

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Trio avant-gardiste issu des Alpes du Nord, LCDK marie noise et musique écrite sous l’influence parfois perceptible (Clown) d’Oxbow, Primus ou encore Tom Waits. En résulte ce Karl qui s’appuie sur l’histoire d’un certain…Karl atteint par le syndrome de Korsakoff, généré par l’abus d’alcool. Les chansons ainsi bâties constituant des bribes de vie liées, donc, à ce personnage amené à croire des choses jamais survenues.

Si la recette est déjà connue voire éprouvée, si l’effet de surprise ne fonctionne par conséquent que peu, les créations, enregistrées et jouées sur les planches, exhalent assez d’originalité pour convaincre, entre bizarreries sonores adroites, voix loufoques et instrumentation entre quiétude et agitation à peine bridée. Le violoncelle de Marie-Claude Condamin amenant la touche de singularité qui fait pencher la balance du bon côté. On pense au meilleur de Tom Waits (In the bottle et ses airs jazzy déglingués), la technicité d’un Primus percute des élans évoquant les travaux déviants de Mike Patton (l’introductif Puzzled), et le rendu est réussi, exigeant aussi, parfois extrêmement élégant (Make a move).

Il s’agit donc là d’une belle découverte, qui plus est française et partie intégrante d’un créneau décalé, qui convainc dans ses saccades (Within myself)  comme dans les plages plus directes et impose une fusion stylée, pas foncièrement singulière mais que ses géniteurs tentent en certaines occasions avec succès de personnaliser.