Edible Woman – Nation

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Déjà auteur d’un excellent Everywhere at once en 2010, Edible Woman, groupe italien, remet le couvert avec ce Nation qui constitue son quatrième album studio. Il y impose des effluves psychés fines mais menaçantes (Heavy skull puis Safe and sound, introduction plus que valeureuse), marche avec talent sur les traces de Joy Division (le dark Psychic surgery), et met en place un genre au sein duquel les envolées de claviers tiennent une place de choix (l’agité et climatique A hate supreme aux giclées fuzzy de choix).

Dans un registre clairement alerte (Cancer), que tempèrent des breaks plus “célestes” , la formation ayant partagé la scène avec les Jesus Lizard, Marvin, Moon Duo ou encore Oneida (c’est dire son éclectisme et son ouverture) se distingue encore et la première partie de son long-jet, parfaite, ne laisse guère planer de doute quant à la qualité finale du produit.

Ainsi, le court et leste Money for gold étend sa palette sans sortir outre-mesure du format défini, puis Nation fait de même en creusant plus en avant encore les penchants froids et pesants du groupe, dans lesquels il excelle. Pour parfaire le tout, nous appelons de nos voeux une poignée de morceaux enlevés, mais Call of the west/Black merda poursuit dans cette même veine hachée et assénée qui sied à merveille aux habitants de la Grande Botte. Ceci avant que le dépouillé The action whirlpool, avec ses sifflements incitant à la quiétude, ne contribue lui aussi et à son tour à magnifier le tableau, à la fois posé et tourmenté. L’aventure sonore prenant fin sur Will, splendide exercice folk ombragé qui vient parfaire un disque souvent posé, mais au détour duquel pointent quelques envolées rageuses de bon aloi.