Dominique A à la Rock School Barbey, le 26/10

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L’impatience était grande chez moi de pouvoir faire mon premier concert en salle avec Dominique A. L’aperçu, déjà brillant, que j’en avais eu au festival Beauregard cet été m’avait donné envie d’en savoir plus, d’en entendre plus. Le chanteur a donné plus. Bien plus que ça.

Commençons néanmoins par le début de l’histoire de cette belle soirée, qui s’est déroulée dans une Rock School Barbey complète. C’est le groupe belge V.O. qui a ouvert le concert, une demi-heure d’une pop folk qui se teinte du lyrisme des géniaux Other Lives, mais qui n’a jamais totalement réussi à me transporter. c’est très appliqué et les trois musiciens se tirent bien de la cnfiguration inhabituelle pour eux (ils sont six normalement), mais je n’ai pas eu le déclic pour trouver ça aussi bien que les spectateurs derrière moi.

Mais la lumière de l’entracte m’a aussi permis de comprendre quelque chose : ma place au deuxième rang, si je voulais la conserver, ben je devais pas bouger. Alors, j’ai attendu, piétiné. Mais j’ai été récompensé. Au centuple, car la prestation de Dominique A fut un récital, un bonheur de chaque instant. Je pèse mes mots en plus…

“Vers les lueurs”, le dernier album du chanteur, a concentré une belle partie du set, long de deux heures. Il y a en effet eu deux rappels, comme des prolongations inattendues et délicieuses de ces grands moments. Avec l’ampleur de son répertoire, Dominique A démontre ses talents d’écriture, avec des textes qui savent prendre aux tripes, qui savent donner des coups au corps et au coeur. Et si c’est toute une carrière qui défile sous nos yeux, c’est sans passéisme que l’on se laisse porter avec autant de bonheur par “Le convoi” que par “Twenty-Two Bar”, par “Vers le bleu” que par “Sarah Bristol” et son allusion à la pop anorak.

Il n’y a rien à jeter, car chaque chanson a en elle une étincelle, le truc qui la rend unique, et le groupe qui accompagne Dominique A, pro et carré jusqu’au bout des ongles, permet au concert de rester à une qualité constante, soit très haute. Mais comment ne pas parler encore un peu de cet auteur-compositeur-interprète, ce fameux tryptique incarné en Dominique A, jamais avare de sourires, de vannes, d’expressions corporelles qui ne laissent planer aucun doute sur sa façon de tout donner à sa musique ? En deux heures, Dominique A a tout dit ou presque, mais je serais volontiers resté une heure de plus, et à entendre l’ovation d’une Rock School Barbey complète et debout, je ne serai pas le seul à garder un grand souvenir de cette soirée.