Entre charme féminin, folk à deux voix et intensité rock, Sharon Van Etten…

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Après une première révélation issue de chez Differ-Ant (Wovenhand), le 106 nous faisait la surprise d’une autre pépite plus “sucrée” mais non moins attirante puisque Sharon Van Etten, “belle dame” auteure d’un Tramp de bon aloi, avait l’honneur, et nous faisait l’honneur, d’y jouer avec pour partenaires du soir Amen Dunes, au répertoire plus psyché, plus épais aussi mais doté de ces mêmes élans sensibles régulièrement entrevus chez la jolie brunette.

Le trio… entièrement masculin, lui, a donc joué sous l’impulsion de son leader Damon Mc Mahon une musique aussi finaude qu’intense, aux accents psyché/tribaux qui rappellent justementle meilleur de Wovenhand, vu au même endroit une semaine plus tôt.


Amen Dunes

C’est dire la qualité du show, entre douceur et puissance rentrée donc, envoûtant au possible et joué dans une pénombre en lien avec le set obscur du groupe, que j’en viens à rapprocher en certaines occasions de Black Angels plus lancinants, un tantinet moins “épais”. Statiques mais impliqués, faisant corps avec leur morceaux, les New-Yorkais et protégés du label Sacred Bones (gage certain, une fois encore, de valeur), ont comme on dit “assuré” et emmené dans leurs contrées inexplorées un public captivé, pris dans les filets d’un univers hypnotique.

Il ne restait donc plus qu’à accueillir comme il se doit la sirène folk au bel album auquel contribuèrent des gens comme Aaaron et Bryce Dessner de The national ou Zach Condon de Beirut, et qui par sa présence, son répertoire de toute beauté entre passages cotonneux chantés avec son acolyte féminin, morceaux seule face à son public avec sa jolie frimousse et rudesse rock (un excellent Serpents), en ajoutant à ces avantages une modestie teintée de charisme indirect, presque non voulu, fera vite mouche et ralliera à sa cause un public dont certains, j’avoue en être, auront du mal à détacher leur regard, et leur objectif, du minois de la Dame du New Jersey.


Sharon Van Etten

C’est juste beau, pur et sensitif, sans manquer de mordant bien qu’on l’eut aimée de façon plus affirmée encore avec un ou deux morceaux rock supplémentaires. Et Sharon Van Etten, sans forcer le trait, avec naturel et sincérité, rejoint le clan des Chan Marshall et autres Shannon Wright au rayon des “insoumises”, en s’appuyant sur l’élégance troublée d’une collection de chansons charmeuses et parfois charnues. Avec au passage nos hommages au 106, qui offrait pour le coup une double évènement puisque 1995 investissait lui la grande salle au même moment. La soirée mise en place ayant donc pour effet de combler tout un chacun, adepte de hip-hop comme de folk rock de choix.

Photos William Dumont.