L’Oeuf – L’Oeuf

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Originaire de Lille et incluant le très actif Sushi (Green Vaughan), L’Oeuf trouve sa place dans un créneau mélancolique teinté de screamo mesuré (In the deaf room en intro, de belle facture), et développe ici des climats intéressants, tourmentés, dont le second titre, My wine has a taste of poison, confirme l’intérêt en étirant la plainte chantée du leader de ce projet au contenu quasiment aussi attractif que celui de son groupe d’origine.

Des guitares dures et des atmosphères répétées font l’essence de ce six titres aux changements d’humeurs bien amenés (When the sounds will shut from themselves), aussi subtilement conçu qu’explosif, sous-tendu par des arrière-plans menaçants, prêts à rompre.

Vocalement, Sushi se distingue à nouveau par son chant aigu et déchiré, sensible aussi, et on trouve ensuite une quatrième réalisation aussi accomplie sous la forme de For an instant, massif et cadencé, porteur de cette même “douleur” adroitement mise en son. Les variations dans le rythme sont bien en place, jamais forcées, et le tout donne déjà au groupe de sérieux galons.

Sur la fin, While mist is making you a veil et ses élans à la Sparta s’impose à son tour, entre puissance et mélodies. Puis Sous cet arbre, avec cet même tension retenue puis libérée, valide à la fois l’identité de l’Oeuf et les promesses d’un premier jet, selon une alternance de tons bienvenue.

Bel effort donc, de la part de ce projet rock à géométrie variable, comme il se plait à se définir, qu’on espère évidemment voir durer dans le temps.