A Place to Bury Strangers – Worship

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Troisième album et toujours plus de maitrise pour APTBS, qui a cette fois tout pris en main et ainsi obtenu un résultat “maison,” sombre et bruyant, aux titres compacts (Alone en ouverture) ou plus déliés (Worship), convaincants d’un bout à l’autre. Chant obscur (Why I can’t cry anymore et sa cadence débridée) ou mélodieux, basses charnelles et guitares triturées constituent l’essentiel du discours, plus cohérent et affuté que jamais. Entre The Jesus and Mary Chain et Joy Division pour les influences, mais personnel en diable, porteur d’une identité désormais incontestable, Oliver Ackermann et ses acolytes flirtent constamment avec le chaos, et s’illustrent autant sur les plages rythmées (Revenge) qu’à l’occasion de trames plus hachées comme sur Mind control, dans la lignée de l’ep Onwards to the wall.

Il en résulte un album parfait, aux brèves éclairs lumineux qui n’en prennent que plus de valeur encore, dans une veine shoegaze/noisy, cold aussi, du plus bel effet et que les Américains ont su faire leur depuis un premier opus déjà remarquable quoiqu’un peu plus décousu. Exploding head consolidait sa pertinence et en prenant le contrôle, APTBS prend ici toute son envergure, sans laisser à quiconque le soin d’organiser son rock souterrain.

Voilà donc un disque sans défauts, sans détours non plus, qui outre le plaisir de l’écoute trouvera très certainement sur scène le terrain idéal pour son expression, et assied déjà le statut d’APTBS, qui finit en outre ici sur une note plus “poppy” (Slide), mais dans un créneau pop déviant, lancinant, et sur un Leaving tomorrow direct et lui aussi “dark”, du plus bel effet.