Le carton de La Femme, après les Little Trouble Kids, à la Briqueterie…

0
1294
Très certainement l’un des derniers “phénomènes” hexagonaux les plus en vue, La Femme jouait ce jeudi à la Briqueterie, à l’initiative de la Lune des Pirates, avec pour lui dégager la voie un excellent duo rock écorché, Little trouble kids. La paire masculin/féminin belge, elle aussi performante, livrant, en se livrant, un concert décoiffant, à base de riffs dynamite et de compos énervées parfois joliment allégées par le chant de la dame (Feed on love). Sa noise pop et la sauvagerie mise dans son jeu par l’élément “homme”, survolté, s’avérant fortement réjouissante et évoquant autant les Kills que Sonic Youth pour ce côté noisy et spontané, selon une avalanche de rythmes lourds (Straight A’s) ou, la plupart du temps, échevelés. Impeccable et puissante prestation, donc, des deux trublions qui ont d’ailleurs, c’est tout sauf une surprise, ouvert par exemple pour Black Box Revelation.


Little Trouble Kids

Déjà probante, la soirée allait prendre une tournure plus démentielle encore avec l’énorme impact et les superbes compos, doublées d’une énergie scénique détonnante de La Femme qui, justement, compte parmi ses membres une Femme, qui en plus d’être magnifique impulse une énergie, à l’instar de ses collègues, ébouriffante et pleine de grâce. Entre relents 80’s ou late 70’s (une géniale reprise de Marie et les Garçons viendra même conclure le show), plans cold et musicalité totale, claviers débordants et tubes imparables (Sur la planche) que dopent des grattes surf ou plus franchement rock et des basses charnues, épaulées par le jeu de deux “frappeurs”, voilà une formation hautement efficiente, à la mainmise scénique qui n’est déjà plus à parfaire. Et si elle dit, sur ce morceau intitulé La planche, rechercher des sensations, elle en suscite ici à la pelle et signe une prestation remarquable, de celles qui vous font terminer votre semaine avec bonheur et légèreté. C’est, de plus, dansant et rythmé, et des chansons comme Paris 2012, énorme instru suf, ou encore Télégraphe et ses voix entrecroisées, ravivent notre scène d’il y a 30 ans en la réactualisant avec talent et génie.
De cette Femme, on s’entiche très vite et mieux, on en redemande tant sa présence et son pouvoir de séduction, incarnés, aussi, par l’enchanteur La femme ressort et son raffinement surf et From Tchernobyl with love, lui aussi posé et subtil, sont conséquents.


La Femme

Inutile d’épiloguer donc: La Femme et son arsenal de morceaux foudroyants aura pour le coup joué l’un des sets les plus marquants et énergisants, inspirés aussi, de cette première moitié 2012, dans une Briqueterie très certainement encore sous le coup de cette apparition magistrale.

Photos William Dumont.