Pony Taylor – How to fold paper in half twelve times

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Big Star meets Deep Purple near Paul Weller‘s house”, “a mix of 66-70 and 90-99“; la description qui est faite de Pony Taylor, auteur d’un précédent Eleven safety matches (2009) brillant, est assez fidèle au contenu, plus accrocheur encore, de ce nouvel album intitulé How to fold paper in half twelve times.

Déclarations d’amour aux pré 70’s (Opinion former), doublées d’une modernité sans artifices, et énergie bien jugulée, directe (un excellent Ultrabright), dotée de jolis choeurs (Troublemaker), font plus que bon ménage et, passé l’introducteur Videogame, caractéristique de l’habileté des avignonnais à allier riffs secs, mélodies british élégantes et coups d’oeil vers les groupes à guitare issus des 90’s, s’enchainent jusqu’à former un opus irréprochable. Un disque de nature à se hisser sans efforts au niveau des pointures de cette mouvance plurigénérationelle, dont l’entrée en matière n’est pas, loin s’en faut, qu’un vulgaire feu de paille. L’étincelante pop de Sushi beans le confirme, avec finesse et allant, de même que ce Leaving for another land posé, plus psyché, qui vient endiguer le flux d’une belle énergie sans démériter: au contraire et outre ses évidentes qualités musicales, il élargit l’horizon du groupe tout en restant fidèle à son esprit.

Le brio poppy de Pony Taylor est, plus loin, à nouveau de mise sur Summer summer, entre subtilité et élans plus remontés, très anglais, puis Flying close to the sun, mid-tempo pop-rock savoureux, aux guitares franches mais mélodiques à la Big Star. Chaque morceau génère une belle accroche, durable, et un vif plaisir, les sudistes pouvant ensuite se permettre de lever le pied, s’agissant de l’énergie déployée, sur le folky et tout aussi bon Into the distance, savamment serti.

Sur la fin, Lovely little Rupert et ses riffs, passéiste dans son côté épuré et mélodieux, puis Everyday, aux vocaux racés soulignés par un ensemble de même teneur, qui mêle riffs durs et synthés aux boucles bien senties, se montrent eux aussi à leur avantage. Puis Chasing echoes (of your love), aux chants entremêlés et breaks bien amenés, entre airs avenants et instants plus acidulés et selon un final à l’orgue ahurissant, met fin à l’album en le plaçant sur les cimes d’une pop-rock anglicisante jouée avec talent, passion et avec assez de dextérité pour, au final, s’immiscer entre les époques et s’imposer, espérons-le, durablement.