Le Peuple de l’Herbe met le feu à une GAM creilloise pleine à craquer…

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Premier constat, à mon arrivée sur le parking de la GAM: comme prévu, l’affiche a attiré un public jeune et fourni, nombreux, qui malheureusement ne se fera complet -plus que complet, le déplacement dans la salle devenant même compliqué-, que pour la prestation du Peuple de l’Herbe. Ratant ainsi le beau set, cosmique et intense à la fois, de Red Fish Dub Syndrom.

Red Fish Dub Syndrom

En effet et si l’absence de voix le dessert, le quatuor amienois, embelli par un violon décisif et singularisé par les machines, parvient à instaurer d’une part de bons morceaux, prenants et assez personnels pour accrocher, et d’autre part une atmosphère digne d’intérêt. Le groupe peut jouer “rude” pour ensuite se faire plus feutré, sous l’égide d’un dub multiformes bien construit, bien exécuté aussi. On prend plaisir à le voir et l’entendre, quand bien même, je maintiens, il serait plus intéressant encore avec du chant.

Concert à voir donc, assez court dans sa durée, idéale, pour ne pas lasser et laisser augurer d’une suite de carrière plus aboutie encore, déjà jalonnée par un Reflection de belle facture.


Le Peuple de l’herbe

Ceci étant fait, nous voilà face à une sale comble, archi-complète, pour l’arrivée des fusionneurs lyonnais, qui vont transformer la GAM en un vaste chaudron par le biais de morceaux bigarrés, groovy en diable et, on l’appréciera tout autant, parfois percutants à souhait, musicaux à l’extrême et que des claviers bien utilisés, ainsi que des cuivres épars mais de même nature, parfont avec justesse. Samples et mélange accompli des genres aidant, tenue scénique affirmée également, on se laisse vite emporter par l’énergie et le tourbillon sonore du groupe. Rap, rock, dub et electro, pour résumer, avec une touche funky et cuivrée, sont entremêlés avec une belle dextérité, Le Peuple de l’Herbe fait le show sans faiblir et avec une exubérance qui conquiert sans plus attendre le public du soir. Les morceaux du dernier album sorti, A matter of time, démontrent l’impact et l’étendue stylistique maitrisée du groupe, qui se fait autant prenant et entrainant sur ses envolées hip-hop (Parler le fracas) qu’à l’occasion d’embardées reggae-ragga rythmées (Jasmin in the air), d’ouvertures electro alertes et cadencées (Numbers), funk et dansantes (Let us play), spatiales (Not a test, un Wooden jam galopant) et plus encore sur des essais rock (Numbers) parfois presque indus de par leur étayage.

A l’arrivée et face à un parterre survolté, la troupe rafle la mise et signe un show bouillant, épicé, énergique et sans faux pas, dans une pluralité musicale assumée et enivrante.

Photos William Dumont.