Le K.O. de Lofo au Winter Groove abbevillois…

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Evènement notable, la venue des incontournables et engagés Lofofora au festival Winter Groove abbevillois laissait présager d’une soirée mouvementée et percutante. Avec, en première partie, Oniromancie, également puissant, qui allait signer une bonne prestation. Les amienois, au métal progressif massif et puissant que tempèrent quelques passages plus mélodiques, se montrant cohérents (ils oeuvrent ensemble depuis 2003) et qualitativement convaincants bien qu’un peu trop portés, à mon goût, sur la puissance récurrente.


Il n’empêche, le groupe maitrise ce qu’il fait et signe de bonnes compos, investit la scène avec conviction, et prouve qu’en continuant à oeuver de la sorte, son apport à la scène métal régionale, pour l’heure encore épars, pourrait être conséquent. Un excellent Succession, par exemple, les crédite grandement et rend cette sortie marquante, rendant l’attente des “Lofo” largement supportable.

La salle, bien garnie pour l’occasion, attendant sagement avant de se voir rameutée par Reuno, une fois de plus charismatique et efficient en tant que “frontman”, à peine le show entamé.

Commence alors un set amorcé par le révélateur Elixir et qui, outre son impact sonique et musical, dévoile un Lofo dont l’ “ancienneté” n’entache en rien sa légendaire verve. Le propos est certes rabâché, depuis les early 90’s, mais la bande originellement parisienne a su créer un genre individuel, nourri certes de courants déjà existants mais, au final, directement assimilable au groupe. Rock, hardcore, fusion, puissance débridée, plages plus mélodieuses se télescopent, animées par le chant et les mimiques et interventions offensives de Reuno, et donnent lieu à un concert de premier choix.

Autour de lui, une section rythmique tous crocs sortis, aussi à, l’aise dans la vitesse et le frontal que dans ses prientations plus nuancées et les coups de bélier de la guitare de Daniel Descieux assurent un étayage parfait, qui très vite soulève un enthousiasme débordant dans l’Espace culturel Saint André. Monstre ordinaire, le dernier opus en date, est joué en grande partie, agrémenté de plusieurs succès dont l’Oeuf et Les gens, une vingtaine d’essais étant au final “exécutés” . On adhère forcément, quand bien même, depuis 1995 et la sortie du premier disque éponyme, on est passé à autre chose, et on revit avec joie un tel show. On en redemande même, et on se rend compte que l’intégrité, en l’occurrence, génère de bien bonnes choses et un set sans failles. Dont on ressort abasourdi, secoué et ravi alors que point, suscité par l’énormité sonique du groupe et ses propos insoumis, un esprit de contestation renaissant.

Photos William Dumont.