Salle comble et carton plein pour Maceo Parker au 106 de Rouen…

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Au 106, on accueille aussi bien des légendes (Sonics, Patti Smith) que des groupes en plein essor (les soirées Born Bad etc…), en passant par tout ce qu’on peut trouver entre deux et cette fois, la première catégorie, rayon funk-jazz/soul aux ouvertures hip-hop, était largement honorée par la présence de…Maceo Parker, ni plus ni moins.

En cette occasion, la Grande salle était pleine à ras-bord et ce très vite, même pour une première partie largement perfectible assurée par Alex & Massmédia. Inspiré par Keziah Jones et Tracy Chapman, le Français et son groupe ne génèrent que des applaudissements polis et retenue, et jouent un set plat, sans envergure, commun à l’extrême.


Alex & massmedia

Soyons cependant indulgents; il s’agit là de leur première grande scène et l’occasion leur sera offerte d’étayer et de crédibiliser des morceaux sans relief, donc, le fait d’ouvrir pour une telle pointure jouant peut-être sur l’attitude forcée et timorée du groupe.

Vite oubliée, cette première partie laisse place à l’attente fiévreuse d’une foule compacte, largement récompensée par le brio d’un artiste dont l’âge “dangereusement” proche des soixante-dix semble n’avoir aucune prise sur son talent et son charisme, et pas plus sur sa forme physique.


Maceo Parker

A la fois sobre et distingué dans un ensemble gris seyant, épaulé par quatre musiciens eux aussi imprenables et une choriste, Mister Parker, royal, va régaler le 106 de ses créations hautement musicales, jouées par des virtuoses sans excès aucun. Le mélange des genres est de mise et la formation se distingue autant sur des jazz sirupeux qu’à l’occasion d’embardées plus endiablées, relevées par le sax de cette ancienne figure des JB’s Horns qui oeuvra entre autres auprès de James Brown et Clinton et n’eut de cesse de se renouveler, surprenant à chaque sortie. Entre “discipline” et douce excentricité, classe et modestie affirmée, le mythe fait se déhancher un 106 comblé, selon des ambiances changeantes et diablement dansantes. Il effectuera d’ailleurs lui-même, à plusieurs reprises, des danses courtes et ovationnées, laissant à l’occasion ses musiciens, dont un tromboniste, Shorty si je ne m’abuse, renversant, et deux “killers” blacks à la basse et à la guitare, de même qu’un frappeur dont un solo entérinera la dextérité, exprimer leur brio.

Un feeling funky, impulsée par la basse et des guitares stylées, ou par ces cuivres efficients dans toutes les options, mènera ce concert vers les sommets, et en fera un nouvel incontournable à mettre à l’actif du 106. Qui fera, à hourras nourris, revenir Maceo et ses compères sur scène pour prolonger l’extase et la communion, totales  ce soir-là.

Photos William Dumont.