Quakers & mormons – Evolvotron

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Projet à l’identité gardée mystérieuse, visiblement mené seul par un Italien, Quakers & mormons s’adonne à un hip-hop expérimental, sombre ou orchestral, plutôt bien ficelé. Evolvotron est son second album, et dévoile onze plages peu communes, dont la diversité rend l’album certes exigeant, mais digne d’intérêt de par cette pluralité bien amenée.

Mélodiquement et vocalement, dans l’ornement aussi (The prose), l’essai est abouti et accroche l’oreille dès le cuivré Dancing in the mud, leste mais porteur d’un groove certain et doté d’une voix particulière, pour enchainer avec Down is up et son refrain obsédant que suiventdes vocaux “dark”. Osé, le mélange des genres et éléments est ici probant, l’univers défini assez décalé et singulier pour séduire, le léger Background, foreground attestant de la capacité de Quakers & mormons à créer quelque chose de presque nouveau, imaginatif en tout cas, et de qualité quant au rendu final.

Rythme enlevé et finesse dans le chant, associés à un certain exotisme dans l’instrumentation (le violon de Bog), en font la sève et que le tempo se fasse pesant (Plastic bags, du pur hip-hop lourd et dépouillé, ou encore Moldova), lancinant (Louder than bombs et ses voix qui se répondent, ainsi que son “décor” dépaysant, jazzy), ou haché et flou comme à l’occasion de Taste of Poland, bardé de sons déviants, on se prend à s’enticher de cet opus d’abord difficile à appréhender mais qui, à l’image de la plupart de ce type de productions, dévoile mille et une richesses au fur et à mesure des écoutes.