Stuck in the sound – Pursuit

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Depuis son premier album, Nevermind the living dead, et le carton Toy boy, à la qualité confirmée par un Shoegazing kids lui aussi accompli, aux morceaux d’une pop vive, aux guitares volubiles et survitaminées, Stuck in the sound, qui bénéficie aussi du cachet singulier de son chanteur José Reis Fontao, a passé avec succès donc le cap du “fatidique” second album et logiquement trouvé une place de choix dans la hiérarchie rock hexagonale.

Voilà donc venue l’heure du troisième opus et ce Pursuit, énergique, offre lui aussi une séduisante collection de morceaux explosifs, changeants dans leurs humeurs (Bandruptcy) et qui, par la sensibilité pop qu’ils véhiculent, et leurs guitares dévastatrices, évoquent le Goo d’une formation que la groupe parisien ne niera pas aduler.

Il n’empêche, l’influence est bien assimilée, et Stuck in the sound s’essaye avec succès à la construction d’un univers qui lui est propre. Et s’il fait preuve de douceur sur Criminal, c’est en trompe l’oeil et la mélancolie cadencée qui caractérise le quatuor trouve ici une nouvelle vigueur, boostée entre autres par les six-cordes d’Emmanuel Barichasse. Ce sont d’ailleurs elles qui inaugurent, avec la basse massive d’Arno Bordas, Brother. Et à l’écoute de ce titre d’ouverture, merveille de pop rock tendue et sensitive, on se doute que la barre sera, encore, placée très haut. Que ce soit dans les tempo intermédiaires entre douceur et élans bourrus (Let’s go), ou sur une pop qui trace droit devant (Fred Mercure), l’amorce est de haut niveau. Sans révolutionner le style, les “Stuck” y apportent une contribution à prendre en compte, et trouvent un équilibre entre charme poppy et griffures franchement rock (September), tout en démontrant une propension à “tuber” de façon quasi-continuelle.
Le plaisir va ainsi se prolonger quatorze titres durant et si, à l’occasion de Shoegazing kids, on pouvait ergoter sur quelques titres très légèrement moins accrocheurs, c’est ici l’ensemble, sans exceptions, qui fait l’unanimité.
De Tender et ses choeurs à Purple, tranchant et incoercible, que suivra un bonus-track dont le seul défaut est d’être dénué de chant, aux belles touches acoustiques, il y a de quoi s’emballer et plébisciter François Ernie et ses acolytes, convaincants dans la pop chatoyante aux guitares claires (Who’s the guy) comme dans les déferlantes rock (Pursuit puis My life), auteurs de plages qui, en live, soulèveront de nouveau les foules.

Dans l’attente, ce Pursuit aiguise considérablement notre impatience, par ses penchants allégoriques superbement sonorisés (Silent and sweet, énième trésor pop), ou ses chansons plus lestes et tout aussi probantes (I told you et son refrain obsédant), ajoutées à une série rock assez bluffante de vigueur et de pouvoir d’attraction.

Grosse réussite donc, qui génère son lot de bonheur auditif durable et laisse augurer d’apparitions scéniques mémorables.