Archimède, précédé d’un Martin Angor valeureux, enthousiasme la jeunesse beauvaisienne et ses familles…

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Premier constat: pour la venue d’une nouvelle “valeur montante” de la pop-rock française, la jolie salle beauvaisienne est assez bien garnie. Le public, constitué de tous jeunes citoyens issus pour la plupart du secondaire, et pour le reste partagé entre lycéens/étudiants et…familles “installées”, venant de toute évidence pour Archimède, fort de l’envie de reprendre en choeur ses quelques refrains maintenant connus.

Il n’empêche, c’est un Martin Angor remanié, complété par l’intégration récente de Thomas Cardin à la guitare et de Romain Fontana au clavier, qui va dans un premier temps se distinguer, jouant un répertoire déjà plus que plaisant, entre rock, chanson et new-wave, qui en cette occasion gagne en vigueur et en intensité. Tout ça est à la fois vif et léger, lettré aussi, et l’inclusion de nouveaux musiciens parait judicieuse. Il faut dire qu’avec ces deux éléments, on ne peut que gagner en cohérence et le public ne s’y trompe pas, gratifiant l’amienois d’applaudissements nourris. Le point culminant tenant en ce Ak-47, certes, tubesque, mais entouré d’une bonne dizaine de chansons sans défaut aucun. La beauté de Je voudrais quelque chose, la qualité textuelle et musicale du registre, l’humour et le côté imagé qui y sont liés: tout concourt à distinguer la formation picarde.

On pense parfois à Diabologum dans ses moments les plus posés (un superbe Les jours étranges), on s’entiche du bien nommé Sombre disco ou de Si la lumière change, et Martin Angor livre un concert fourni, équilibré et hautement pertinent. Un léger parfum acidulé relève le tout, et fait de ce set une excellente entrée en matière avant l’apparition des lavallois très attendus d’Archimède.

Et là, il faut le dire et en dépit d’un côté classiquement pop-rock, la verve et l’énergie des titres joués, entre L’intrus et Bye bye baileur, fait la différence et à voir la réaction de l’assistance, on comprend le “buzz” généré par le groupe. La plupart, aux anges, chantent à tue-tête et photographient à tout-va, transporté par les tubes d’Archimède, des textes aussi simples (Le bonheur) que bien écrits et cette dextérité à allier textes en Français et vigueur british, tout en instaurant un panel large allant de la pop au rock teigneux en passant par de la folk-pop rythmée (Je prends). Un coup d’oeil autour de soi ne trompe pas: on danse, on sourit et on se trémousse sans cesse et les Mayennais emportent la mise. Une reprise de Téléphone (Hygiaphone) conclut le tout, après On aura tout essayé et autres Est-ce que c’est juste? à la fougue incoercible. Et quand bien même il se dégage de ça une impression de déjà entendu, d’opportunisme voire de buzz à l’attention des jeunes et “plus malléables”, on ne peut que reconnaitre l’intérêt des morceaux et l’efficacité scénique du groupe, ainsi qu’un talent bien investi. Même sa légèreté (Les premiers lundis de septembre) est de nature à accrocher l’oreille, et les riffs du très lucide Tout fusionne étayent l’ensemble sans faillir.

C’est le Trafalgar, sans jeu de mots douteux lié au dernier album sorti, dans l’Ouvre-Boite, d’autant que les plages du premier disque éponyme (Eva et les autres) et quelques parties d’harmonica s’invitent à la fête, venant parfaire une soirée que les fans et d’autres nouvellement conquis garderont longuement en tête.

Evènement marquant, donc, à mettre à l’actif de l’ASCA et des deux groupes programmés, en attendant les Vandaveer, Kitty, Daisy & Lewis, Meltones, Syd Matters et autres Fishbone, pour résumer un menu attrayant à souhait.

Photos William Dumont.