Jef Barbara – Contamination

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A label atypique (et recommandable), artiste atypique et tel est Jef Barbara, montréalais pailleté et androgyne dont le bien-nommé Contamination ici présenté vaut son pesant…de refrains electro-pop mémorables et de clins d’oeuil à l’ère “top 50”.

En dix titres et dès Larmes de crocodile, à la légèreté pop fatale jonchée de gimmicks sonores décisifs, entrainant à souhait et bardé de ces sons 80’s aussi kitsch qu’attractifs, qui parfois évoquent Roxy Music, l’habitué des clubs underground signe un bon disque, auquel on revient sans plus résister et toute honte bue.
Entre les claviers virevoltants de Caresses interdites, les boites à rythmes cheap et d’époque et le mécanique Sébastien, bardé de ces mêmes keyboards obsédants, l’entrée en matière est séduisante, génératrice de nostalgie, et réalise le tour de force de nous faire délaisser les guitares le temps d’écoutes réitérées.

L’attraction perdurera, la fraicheur du propos l’accentuera même, conjuguée à ces penchants synth-pop, et même en ralentissant le tempo (Cocaine love), Jef conserve une classe certaine, enchainant ensuite avec Flight 777, urgent et doté, lui, d’un chant en Anglais mais aussi et surtout de fulgurances rock géniales.

On en est alors à la moitié du chemin et on ne doute guère de la valeur de ce qui suit, Les homosexuelles nous confortant dans notre bonne impression par ses nappes synthétiques qui incitent de façon incoercible à taper du pied, à l’instar de Charlotte et le piano, fort du même pouvoir de persuasion et d’un chant partagé notable.

Trois morceaux restent à découvrir et Homme universel fait dans le piano-voix racé, avant Wild boys et ses neuf minutes passées, à l’electro-pop brumeuse et alerte, dont la fin impose des claviers déjantés. Puis c’est Turn on, apaisé mais plus acide en sa fin, qui met fin à Contamination et en fait un ouvrage à découvrir, qui passé la surprise de son contenu risque fort de contraindre l’auditeur à revenir de façon fréquente et maladive.

Sortie début mars 2012.